Genèse et Anti Genèse
La dignité de
l’homme, créature de Dieu
La dignité de l’homme est affirmée dès le premier chapitre de la Bible. On y lit en effet que Dieu a créé l’homme et l’a placé pour achever la création, au sommet de son œuvre :
Puis Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les animaux domestiques et sur toute la terre et sur les reptiles qui rampent sur la terre » Et Dieu créa l’homme à son image ; il les créa mâle et femelle. Et Dieu les bénit : «Soyez féconds, multipliez,remplissez la terre et soumettez la, et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre.»[1]
Aux versets 24 et 25 de ce premier chapitre , au sixième jour, On avait lu :
Dieu dit : « Que la terre fasse sortir des êtres animés selon leur espèce, des animaux domestiques, des reptiles et des bêtes de la terre selon leur espèce ». Et cela fut ainsi. . Dieu fit les bêtes de la terre selon leur espèce et tout ce qui rampe sur la terre son espèce et Dieu vit que cela était bon.
On note donc que Dieu donne mission à la terre de produire les êtres qui vivent à sa surface, mais Il condescend à donner une place spéciale à l’homme qu’il semble créer « plus directement » quand il dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance ».
De fait l’homme a toujours obéi à cet ordre du Créateur : il a progressivement dominé le monde des animaux et des êtres inanimés. Simultanément il a obéi, comme instinctivement, à l’ordre de croître et de multiplier.
La chute due à l’orgueil
L’orgueil s’est emparé de lui dès la chute originelle et depuis il y a des hommes pour vouloir aller de pire en pire dans la désobéissance à Dieu. Les marxistes se prenaient pour les successeurs de Dieu qu’ils avaient déclaré mort (!) ou inexistant (!!). Ils ont voulu dans leur orgueil transformer la terre en un paradis terrestre, et pour cela raser les montagnes, faire remonter les fleuves vers leur source… Ils ont provoqué des catastrophes écologiques de première grandeur.
Le marxisme est tombé – apparemment du moins – après un échec sanglant payé aussi par le pire esclavagisme que la terre ait connu et qui a touché surtout les classes populaires que le ‘‘socialisme réel’’ prétendait libérer : le propre de l’erreur c’est d’échouer toujours dans ce qu’elle disait être son point le plus fort.
L’échec du communisme a produit aujourd’hui un retournement dialectique et diabolique : après avoir prôné la souveraineté totale de l’homme sur l’Univers, la subversion veut maintenant nous convaincre que l’homme ne vaut pas mieux que l’animal, voire qu’il serait même un animal de la pire espèce : fléau pour le reste des êtres de la nature !
Par ses suppôts[2] en effet, le diable tente aujourd’hui de convaincre l’humanité qu’elle est indigne de survivre. La contradiction avec la loi divine serait alors réalisée point par point : Ne croissez pas, ne multipliez pas, soumettez vous aux animaux, soumettez vous à la terre.
«Ne croissez
pas »
Le Seigneur Jésus, nous dit l’évangile, progressait en sagesse en taille et en grâce auprès de Dieu et des hommes [3]. L’attaque contre la loi de Dieu a commencé par là. Par l’école dite laïque, les gouvernants ont progressivement bloqué la progression en sagesse de nos enfants, puis ils ont affaibli leurs caractères en leur désapprenant la discipline pour mieux les pourrir ensuite par la soumission aux passions de la sexualité tout cela afin d’éviter la progression en grâce.
« Ne multipliez
pas »
Après avoir été écartés de la grâce, les hommes ont été tentés par les richesses et les plaisirs de la terre. Pour « en profiter » les troupes (conscientes ou non[4]) de Satan ont propagé l’idée que l’on pouvait vivre mieux avec moins d’enfants et qu’il fallait utiliser la contraception pour espacer les naissances.
Le péché d’Onan n’était pas plutôt pratiqué à large échelle que les esprits devenaient fragile devant la tentation du crime d’avortement. Le système se met donc en place et détruit la vie humaine à une échelle encore jamais vue tant par le nombre d’assassinats que par les modalités même de leur mise en œuvre : La condamnation des innocents est prononcé par le procureur le plus inattendu : la mère elle-même[5]. et les exécuteurs de la sentence sont ceux là même qui, par le serment d’Hippocrate, avaient juré de ne jamais donner d’abortif à une femme.
Nous devrions parler maintenant du serment d’hypocrites.
« Soumettez vous
aux animaux »
Puisque l’homme a refusé la loi de Dieu il tombe sous la coupe de celle de Satan et des hommes qui le servent consciemment ou non. Il reste maintenant à le ravaler au niveau de la bête voire même en dessous.
Comme l’écrit Pierre de Boisguilbert[6] une tendance lourde s’implante dans notre pays : … Une vision dite moderne salon laquelle les animaux seraient en tous points comparables à l’homme et que l’on devrait se soucier autant de leur bien être que de leurs droits ».
Un colloque a eu lieu à en France, sous la Présidence du Pr Jean Pierre Coulon, Premier président honoraire de la Cour d’Appel de Paris, sur le thème « Humanité – Animalité : quelles frontières juridiques[7] ».
Déjà en 1978, l’UNESCO proclamait une (ne riez pas, c’est grave !) une Déclaration Universelle des Droits de l’Animal en présence des représentants de 14 pays.
Tous les fous ne sont pas internés et on en vient à croire fondée la question d’un pensionnaire d’asile qui demandait à un passant sur le trottoir, l’autre côté des grilles : « Vous êtes nombreux, là dedans ? »
Sur cette lancée se développe le concept dit de l’anti-spécisme (racisme généralisé à toutes les espèces animales censées avoir autant de droits, si ce n’est plus, que les humains. Cela conduit à une société où l’homme disparaît au profit de l’animal : « Même si les animaux de laboratoire permettaient de trouver une solution pour contrer le Sida, nous serions contre leur utilisation. Parce que la race humaine s’est étendue comme un cancer : nous sommes le plus grand problème de la terre »
Et l’homme aveuglé par ses péchés, désorienté pour avoir perdu la référence à la loi divine s’apprêterait à accepter ce statut d’animal inférieur et de parasite ?
Satan conduit le bal.
« Soumettez vous
à la Terre »
Si vous avez lu les articles qui ont composé le dossier Ecologie et Mondialisme publié dans les numéros 147, 148, 150 de l’AFS le titre de ce paragraphe ne doit pas vous surprendre. Ce dossier rapporte des publications et des déclarations de personnalités de tous ordres qui auraient sûrement justifié un internement en asile psychiatrique ou peut être une condamnation pour incitation au crime.
Rappelons les énormités prononcées telles que les rapporte notre dossier.
A Copenhague, en mars 1995, une communication de l’ONU prétendait qu’il fallait :
transcender la dichotomie entre la matière et l’esprit, le sacré et le profane, l’homme et la nature ou le Créateur et la Création[8] pour permettre aux valeurs telles que la sacralité de la Terre, la continuité de l’être, l’interaction bénéfique (évidemment !) entre la communauté et la nature, et la réciprocité entre l’humanité et le ciel de recevoir toute l’importance qu’elles méritent en philosophie et en théologie[9]
On est dans un panthéisme antichrétien qui reproche au judéo-christianisme d’avoir désacralisé la nature. Boutros Boutros-Ghali résume en effet cette vision du monde :
Au-delà et au dessus du contrat moral en Dieu[10], au-delà et au dessus du contrat social conclu avec les hommes[11], il faut maintenant conclure un contrat éthique et politique avec la nature, avec cette terre même à qui nous devons l’existence… Pour les Anciens, la Terre avait une âme. La retrouver, la ressusciter, telle est l’œuvre de Rio[12]
Ainsi donc nous devrions ressusciter l’âme de la Terre pour signer avec elle un contrat ! Et qui plus est un contrat éthique ! Si nous faisions attention à de telles messages nous aurions de quoi rire ou de quoi exclure de ses fonctions l’homme politique qui aurait des propos aussi insensés
Mais cela va encore plus loin. Satan est menteur et homicide dès le commencement.
« Sacrifiez les hommes »
Il existe des liens entre l’idéologie écologique et les politiques qui découlent du mythe de la surpopulation. Le P. Schooyans les résume remarquablement ainsi :
Trop d’hommes, trop de pauvres surtout menacent l’éco système. Pour protéger celui-ci il faudra exercer une vigilance stricte sur les évolutions démographiques. On en conclura que le respect de l’écosystème requiert deux mesures complémentaires : d’une part il faudra renforcer tous les moyens permettant de contrôler la croissance de la population et cette mesure visera d’abord la population pauvre accusée de mal gérer son environnement ; d’autre part il faudra filtrer les connaissances et les techniques même simples qui permettraient aux pauvres de soigner les maladies les plus fréquentes… Le Nouvel Âge apporte ici sa légitimation à l’échelle des priorités élaborée par l’OMS avec l’aide de la banque mondiale[13]
Conclusions
Nous sommes agressés de manière dangereuse par des criminels ou des fous (quel autre nom leur donner ?) qui veulent effacer la frontière entre l’humain et l’animal, préférer le singe rhésus à l’enfant autiste, éliminer les vieillards comme des animaux âgés et sans plus d’utilité économique, punir celui qui écrase même par inadvertance certaines espèces végétales ou les œufs de certains crapauds alors que celui qui fait périr l’enfant porté par sa mère est acquitté, comme le fait remarquer le CFJD (www.cfjd.org)
Cette nouvelle conception de l’homme et de ses rapports avec la nature est le « fer de lance d’un projet sans précédent de colonisation mentale généralisée, d’un impérialisme délirant requérant la soumission des esprits à l’autorité de ceux qui la produisent ». Il est clair qu’il s’agit là d’un projet prométhéen, fondé sur le mensonge et donc voué à l’échec. Et il nous appartient d’annoncer aux hommes d’aujourd’hui la Bonne Nouvelle de la dimension surnaturelle de l’homme qui le met par la volonté divine au dessus des animaux. Par cette même volonté divine il doit gérer fidèlement la création pour la valoriser sans l’exploiter sauvagement ni l’adorer. Le respect de la nature[14] est une vertu chrétienne. L’écologie veut la rendre folle elle aussi[15].
André Frament
[1] Genèse (1, 26 à 28)
[2] suppôts conscients ou inconscients rappelons le.
[3] S. Luc 2,
52
[4] rappel
[5] Certes elles sont victimes car soumises à d’énormes
pressions. Et après la mort de leur enfant souffrent profondément, ce que l’on
tait méthodiquement même si de ci de là la vérité se fait jour. Voir par
exemple :l’avortement est une torture AFS n°171 p 105.
[6] Référence qui sera donnée par R. de M
[7] C’est donc à des hommes qui reconnaissent ne pas très
bien distinguer un homme d’un animal que l’on a confié le soin de trancher – en
appel s’il vous plait – du juste et de l’injuste dans des causes délicates.
[8] Quand la confusion intellectuelle mélange tout, elle
peut conduire à n’importe quelle conclusion.
[9] Cité par AFS n°148 , p. 36
[10] Contrat moral en Dieu ? Non. Dieu nous appelle
chacun par notre nom et souhaite que nous prenions la voie du salut et non
celle de la perdition. Mais il respecte notre liberté.
[11] Je ne savais pas que j’avais fait un contrat avec la
société et que ce contrat me créait des liens supérieurs à ceux qui me lient à
Dieu !
[12] Cité par AFS n° 148, p. 37
[13] P. Schooyans ; L’Evangile face au désordre
mondial
[14] Demandé par la loi scoute (le scout voit dans la
nature l’œuvre de Dieu)
[15] Chesterton :
monde est rempli de vertus chrétiennes devenues folles.