Voir les choses comme elles sont

 

Devant la crise doctrinale dans l'Église qui se prolonge, certains catholiques  sont tentés de tourner la page,  d'abandonner les discussions du passé et de profiter du nouveau pontificat pour aborder les choses sous un jour nouveau.

Telle est, semble-t-il, la tendance qui prévaut à l'Institut du Bon Pasteur.[1] Au sujet du Carrefour apostolique qu'il organise à Paris le 20 novembre 2006, « dans la ligne tracée par le pape Benoît XVI », il écrit :

        Nous nous voulons porteurs d'une bonne nouvelle : La guerre de 1970 est terminée. Quarante-cinq ans après le concile Vatican II, il faut cesser de ressasser la même langue de bois. Il importe de proposer des solutions théologiques capables d'ébranler la suffisance et de pallier les déficits spirituels du monde contemporain.

Sous la houlette du Pasteur universel, l'Église, avec toutes ses   composantes,   doit  aborder sans   complexes   aux  rivages nouveaux du XXI siècle ![2]

 

Non, la guerre de 1970 - autrement dit la lutte contre les erreurs doctrinales et les désordres qui en résultent, introduits ou aggravés par le concile Vatican II - cette guerre n'est pas terminée. Les enjeux sont les mêmes aujourd'hui qu'hier : c'est le même libéralisme, le même personnalisme, le même néo-modernisme, le même esprit conciliaire imprégné de la philosophie des Lumières, la même perte du sens de la vérité auxquels il faut s'opposer. Il n'y a pas à proposer des solutions théologiques nouvelles ; il s'agit simplement de rester fidèle à la théologie traditionnelle, et, pour ceux qui l'auraient abandonnée, d'y revenir.

La guerre de 1970 n'est pas terminée. Or, on ne baisse pas les bras en plein combat quand le combat en cause - celui de la vérité contre l'erreur - n'admet pas d'armistice. C'est à cela que nous conduit l'Institut du Bon Pasteur. Comment pourrions-nous le suivre dans cette voie ? Une voie qui s'avère irréaliste, car elle ne tient pas compte de la réalité des choses.

 

Arnaud de Lassus

 

[1] Institut fondé en septembre 2006 par des prêtres ayant appartenu à la Fraternité saint Pie X et ayant pour supérieur l'abbé Philippe Laguérie.

[2]  Dans le tract de présentation du Carrefour apostolique,  « La Tradition catholique, notre bien commun » Paris 20 novembre 2006

 

 

A cette occasion, la lecture de la brochure de l'AFS : Vatican II rupture ou continuité (30 pages, 3€) retrouve toute son actualité. On peut la commander à l'AFS, 31 rue Rennequin 75017 Paris. 

 

 

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