« En Irak, les
chrétiens se meurent »
Messe
à Rome pour le prêtre chaldéen assassinés à Mossoul
ROME,
Lundi 11 juin 2007 (ZENIT.org)
– « Les chrétiens en Irak se meurent ». Ce cri d’alarme a été lancé jeudi 7
juin à Rome lors de la messe de requiem pour le père Ragheed Aziz Ganni, le
prêtre chaldéen tué dimanche 3 juin à Mossoul (Irak), en même temps que trois
diacres à la sortie d’une messe qu’il venait de célébrer (cf. Zenit, 4 juin).
La
messe était célébrée par Mgr Philip Najim, procureur de l’Eglise chaldéenne
près le Saint-Siège, dans la chapelle du collège pontifical irlandais, où le
père Ganni avait suivi des cours pendant cinq ans.
Parmi
les personnalités présentes à la cérémonie : le cardinal Ignace Moussa Daoud,
préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, le cardinal Desmond
Connell, archevêque émérite de Dublin, Mgr Julius Michael al Jamil, archevêque
procureur de l’Eglise syro-catholique à Rome et visiteur apostolique en Europe.
«
Eglises fermées, voitures piégées, conversions forcées, enlèvements en série :
en Irak les chrétiens se meurent – l’Eglise est en voie de disparition –
victimes de persécutions, de menaces et de violences de la part d’extrémistes
qui ne vous laissent pas le choix : se convertir ou prendre la fuite », a
déclaré Mgr Najim dans son homélie.
«
Depuis quelque temps, la communauté chrétienne en Irak est la cible d’enlèvements,
de menaces et d’actes d’intimidation et de terreur, sans qu’aucune protection
ne leur soit assurée de la part du gouvernement ou des forces de coalition »,
a-t-il dénoncé.
«
Les chrétiens sont pris pour cible, tels des boucs émissaires, victimes d’actes
d’exploitation et d’opérations de nettoyage. Ils ne peuvent professer librement
leur foi, les femmes ont l’obligation de porter le voile et les croix sont
retirées des églises », a-t-il constaté.
Aujourd’hui
en Irak, a poursuivi Mgr Najim, « les enlèvements de prêtres sont de plus en
plus fréquents », « les chrétiens sont obligés de payer des taxes s’ils veulent
conserver leur habitation ou garder leur croyance, sous peine de confiscation
par les milices ».
Le
représentant du Saint-Siège a déploré que les chrétiens, dans cet « Irak
déchiré sur le plan confessionnel et religieux » n’obtiennent aucun appui,
n’aient personne pour soutenir leur cause, et soit totalement abandonnés à leur
sort . « Quelle grande injustice sur les plans historique, politique et
humanitaire ! » s’est-il exclamé.
«
La seule alternative est de renoncer à ses racines et de quitter sa patrie en
allant grossir les rangs d’un flux migratoire qui ne cesse de s’amplifier »,
a-t-il observé avec amertume.
Père
Ganni, a poursuivi le procureur chaldéen au Vatican, « est un martyr de cette
Eglise chaldéenne aujourd’hui souffrante et couverte de sang que le pape Benoît
XVI appelle l’Eglise des ‘martyrs vivants’ ».
«
Que son martyre constitue l’aube d’une ère nouvelle pour la vie et pour la paix
en Irak – a-t-il souhaité –. Nous avons besoin que le Siège apostolique
encourage l’Eglise irakienne et tous les chrétiens à l’unité ».
«
Que le sacrifice du père Ganni soit comme une nouvelle lymphe vitale pour sa
communauté, pour son Eglise en Irak et pour toute l’Eglise universelle ».
Notre
commentaire : Nous croirons vraiment à la possibilité d’un dialogue inter
religieux sincère avec les musulmans, si l’on apprenait que des autorités
musulmanes condamnaient officiellement de tels assassinats. Sinon on est obligé
de penser à de la duplicité.
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