CRISE DANS L’ÉGLISE

Vous trouverez dans cette page l'article sur la Royauté sociale de Notre Seigneur

suivi d'une analyse du compendium où sont relevées des points qui demandent des commentaires de mise au point.

 

La Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ

mise aux oubliettes ?

 

 

       Fidèle à l’orientation générale donnée par le livre de Jean Ousset Pour qu’Il règne, l’AFS s’est toujours efforcée de défendre la Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ, doctrine fondamentale sur laquelle repose l’ordre social et qui a été mise aux oubliettes à la suite du concile Vatican II. Elle concluait sa brochure La liberté religieuse trente ans après Vatican II (rédigée en 1995) par la supplique suivante :

           A la requête qu’exprimait Jean Madiran : « Très saint Père, rendez-nous l’Écriture, le catéchisme et la messe » [1], il faudrait donc ajouter : « Très saint Père, rendez-nous le Christ-Roi ».

       Sur cette même question, la Fraternité saint Pie X, depuis plus de trente ans, a publié des études de premier ordre. Qu’il suffise de citer ici les livres de Mgr Lefebvre « Ils L’ont découronné » et « Mes doutes sur la liberté religieuse » (édit.Clovis).

       Dans le n°163 (janvier février 2005) de la revue Fideliter figure un article de l’abbé Michel Beaumont, intitulé « Réfléchir en chrétien sur la politique actuelle » et donnant un son de cloche assez différent des documents précités. En voici un résumé ainsi que les réflexions qu’il suggère.

LES IDÉES DE L’ABBÉ BEAUMONT

● Comment est présentée la doctrine de l’Église sur les rapports Église - État

            L’abbé Beaumont insiste sur trois points :

       - Cette doctrine ne se situerait que dans l’optique d’une société catholique :

               Dans ces enseignements doctrinaux, même lorsqu’ils traitent de cas limites (…), les papes se situent toujours dans l’optique d’une « société catholique », qui doit prendre en compte des réalités religieuses minoritaires. (p.21)

        - Cette doctrine n’avait rien de spécifique pour les États non catholiques :

               A notre connaissance toutefois, jusqu’à Pie XII, il n’existe pas de document doctrinal traitant des obligations religieuses d’un État non catholique. (p.21)

         - Cette doctrine ne se réfèrerait qu’à la conception classique de l’État :

               Lorsqu’ils adressent des enseignements doctrinaux à une « société catholique », les papes se réfèrent en même temps à une « conception classique » de l’autorité politique et de l’État. En gros, ils parlent à une communauté politique où un dux (roi, président, premier ministre, etc.) a la charge de mener le peuple vers un bien commun défini  par des valeurs spirituelles, culturelles et matérielles proprement humaines. (p.21)

● La mondialisation fait disparaître la possibilité même d’une société majoritairement catholique et d’un État classique

           Peut-il exister encore, en n’importe quel point de la terre, une société majoritairement catholique ? La question n’est pas de fait, mais de droit. Car la mondialisation semble faire de toute société, de tout État nation, un simple territoire du « village global ». De ce fait, même un pays qui comprendrait une majorité de catholiques verrait cette majorité devenir automatiquement minorité dans le cadre du « pays-monde ». (p.22)

- Quant à l’État classique, il disparaît lui aussi :

           La dissolution du pouvoir politique, son éclatement entre de multiples nouveaux centres de pouvoir, est une réalité qui ne cesse de s’affirmer. (p.24)

● La doctrine classique des papes ne serait plus « possible »

           Si, en vertu de l’actuelle mondialisation, tout pays, devenu un simple territoire du « village global », se trouve inséré dans une entité politique où les catholiques sont très nettement minoritaires, comment la doctrine classique des papes demandant qu’un pays majoritairement catholique reconnaisse le règne du Christ dans ses institutions politiques serait-elle encore possible ? Dans cette hypothèse, nous assisterions à la disparition radicale de la notion d’une « société majoritairement catholique » et donc, par conséquent, du concept d’État catholique, au sens où l’entendaient les papes. (p.23)

 

RÉFLEXIONS SUR LES IDÉES DE L’ABBÉ BEAUMONT

            Il y a beaucoup de choses vraies dans les constats de l’abbé Beaumont sur le phénomène de mondialisation. En revanche, nous paraît défectueuse la manière dont il considère la doctrine de l’Église sur les rapports Église - État.

● Une doctrine qui serait liée à des circonstances particulières

     La doctrine de l’Église serait faite pour une société majoritairement catholique et un État classique.

     Mais non ! Elle est faite pour tous les temps, pour tous les types de sociétés, qu’elles soient catholiques ou non, pour tous les types de pouvoirs politiques, qu’ils soient classiques ou « éclatés entre de multiples nouveaux centres de pouvoir ».

     Pour la doctrine qui nous intéresse ici, la chose a été précisée par Pie XI dans ce passage de l’encyclique Quas primas instituant la fête de la Royauté du Christ :

           En cette matière ( la Royauté du Christ), il ne faut pas distinguer entre les individus et les sociétés domestiques et civiles, puisque les hommes réunis en société ne sont pas moins sous la puissance du Christ que les particuliers.

     Qu’elle soit ou non applicable dans telle ou telle circonstance, la doctrine reste la doctrine ; elle doit continuer à régner dans les esprits et être professée :

           Le plus grand malheur pour un siècle ou un pays, disait Mgr Freppel, c’est l’abandon ou l’amoindrissement de la vérité. On peut se relever de tout le reste ; on ne se relève jamais du sacrifice des principes. Les caractères peuvent fléchir à des moments donnés et les mœurs publiques recevoir quelque atteinte du vice ou du mauvais exemple, mais rien n’est perdu tant que les vraies doctrines restent debout dans leur intégrité. Avec elles, tout se refait tôt ou tard, les hommes et les institutions, parce qu’on est toujours capable de revenir au bien lorsqu’on n’a pas quitté le vrai. Ce qui enlèverait jusqu’à l’espoir même du salut, ce serait la désertion des principes, en dehors desquels il ne se peut rien édifier de solide et de durable.

           Aussi, le plus grand service qu’un homme puisse rendre à ses semblables, aux époques de défaillance ou d’obscurcissement, c’est d’affirmer la vérité sans crainte, alors même qu’on ne l’écouterait pas ; car c’est un sillon de lumière qu’il ouvre à travers les intelligences, et, si sa voix ne parvient pas à dominer les bruits du moment, du moins sera-t-elle recueillie dans l’avenir comme la messagère du salut ». [2]

     La doctrine sur les rapports entre l’Église et l’État est, répétons-le, faite pour tous les temps et pour tous les cas de figure. Il n’existe pas, il ne peut pas exister une doctrine pour les États non catholiques à côté d’une doctrine pour les États catholiques, pas plus qu’il n’existe une doctrine du mariage pour les divorcés à côté d’une doctrine du mariage pour les couples fidèles. Aussi, ne comprend-on pas la remarque de l’abbé Beaumont :

           (…) A notre connaissance toutefois, jusqu’à Pie XII, il n’existe pas de document doctrinal traitant des obligations religieuses d’un État non catholique.  

     Si la doctrine ne change pas, ses conditions d’application changent. Et c’est là que peut intervenir un « éclairage magistériel ». [3] Pour la doctrine sur les rapports entre l’Église et l’État, un tel éclairage, depuis quarante ans, est soit inexistant soit défaillant .[4]  L’abbé Beaumont a pleinement raison de souligner ce point. [5]

● Un raisonnement du type thèse-hypothèse

          On se rappelle l’argumentation utilisée par Mgr Dupanloup, en 1864, pour escamoter la doctrine anti-libérale affichée dans l’encyclique Quanta Cura et le Syllabus du bienheureux Pie IX.

          La doctrine (appelée thèse) est considérée comme magnifique mais inapplicable ; on la couvrira de louanges avant de l’oublier et de s’intéresser (sans éclairage doctrinal) à la situation présente qualifiée d’hypothèse. [6]

          En suggérant que la doctrine de l’Église serait liée à telle ou telle circonstance (société majoritairement catholique, État de type classique), l’abbé Beaumont se rapproche de la position libérale de Mgr Dupanloup avec sa formule thèse-hypothèse.

 ● L’impossibilité d’une société majoritairement catholique

          Dans les circonstances actuelles, l’existence d’une société majoritairement catholique devient humainement de plus en plus improbable.

          Mais les circonstances peuvent changer. Le retour de sociétés majoritairement catholiques et d’États catholiques est ainsi annoncé dans le message de la Salette pour la période qui suivra immédiatement la mort de l’Antéchrist :

           Tout à coup, les persécuteurs de l’Église de Jésus-Christ et tous les hommes adonnés au péché périront et la terre deviendra comme un désert. Alors se fera la paix, la réconciliation de Dieu avec les hommes ; Jésus-Christ sera servi, adoré et glorifié ; la charité fleurira partout. Les nouveaux rois seront le bras droit de la sainte Église, qui sera forte, humble, pieuse, pauvre, zélée et imitatrice des vertus de Jésus-Christ. L’Évangile sera prêché partout, et les hommes feront de grands progrès dans la foi, parce qu’il y aura unité parmi les ouvriers de Jésus-Christ et que les hommes vivront dans la crainte de Dieu. [7]

      Texte à rapprocher de ce passage de la deuxième partie du secret de Fatima :

           A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix [8]

*

      En conclusion, prenons au sérieux le diagnostic de saint Pie X au sujet de la France , diagnostic fait en 1906 et en harmonie avec le message de la Salette  :

           Le salut de la France ne peut être obtenu que par la reconnaissance du règne du Christ sur la nation. [9]

          Et restons fidèles à la doctrine de la Royauté sociale de Notre Seigneur. Nous savons qu’un jour elle sera mise en pratique et si, à notre époque, elle paraît inapplicable ou peu applicable, elle doit être professée avec d’autant plus d’énergie, suivant le conseil de dom Guéranger :

            Il y a une grâce attachée à la confession pleine et entière de la vérité. Cette confession, nous dit l’Apôtre, est le salut de ceux qui la font et l’expérience démontre qu’elle est aussi le salut de ceux qui l’entendent. [10]

 

Arnaud de Lassus

 

Textes de saint Jean Chrysostome

sur la conversion des Juifs à la fin du monde

             Interrogeons les Juifs, et demandons-leur si Jésus-Christ ne leur a pas envoyé des prophètes et des sages ?  S’ils ne les ont pas tués dans leurs synagogues ? Si leurs maisons et leurs villes n’ont pas été entièrement ruinées ;  et si tous les maux que le Sauveur leur a prédits ne leur sont pas arrivés ? Nul  d’entre eux ne le niera. Comme donc jusqu’ici toutes ces prédictions ont été vérifiées peut-on douter que le reste n’arrive de même, que les Juifs ne  reconnaissent un jour que Jésus-Christ est le vrai Dieu, et qu’ils ne soient forcés de se soumettre à sa souveraine puissance ? Mais ces respects forcés, et ces hommages contraints ne leur serviront de rien, pas plus que leurs regrets et  leurs larmes autrefois ne purent empêcher que leur ville ne fût détruite.

 

Commentaire sur saint Matthieu,  Homélie 74

             Peut-être certains hommes oseront prétendre que le crucifié n’est pas le Christ qui est attendu, qu’un autre que lui viendra : mais saint Paul nous dit que le Christ d’hier et d’aujourd’hui est le même pour tous les siècles ; c’est déclarer évidemment que le Messie déjà venu, viendra de nouveau, que le même était, est et sera dans l’éternité. A l’heure même où nous sommes, les juifs prétendent qu’un autre viendra, et comme ils se sont eux-mêmes privés du Christ véritable, ils tomberont dans les filets de l’antéchrist.

Commentaire sur l’épître aux Hébreux, Homélie, 33, 2

.

 

[1]  Itinéraires, juillet-octobre 1988.

[2] Mgr Freppel, cité par Jean Ousset, L’action, p.213.

[3] Expression de l’abbé Beaumont.

[4] L’ « éclairage magistériel » est défaillant parce qu’une doctrine nouvelle (non compatible avec la doctrine traditionnelle) a été introduite par la Déclaration conciliaire sur la liberté religieuse ; doctrine qui, telle qu’elle a été appliquée depuis 40 ans, aboutit à la séparation de l’Église et de l’État (voir à ce sujet, dans le présent numéro, l’aide-mémoire sur la liberté religieuse).

     On pourra se reporter par ailleurs à l’article Emile Poulat et la laïcité du n°175 (octobre 2004) de l’AFS. Y étaient commentés les prises de position de cet auteur (et à sa suite de l’abbé Guillaume de Tanouärn) en faveur de la loi de 1905, loi qui posait clairement le principe de la séparation de l’Église et de l’État.

[5] On pourrait remarquer que, sur d’autres questions importantes, l’éclairage magistériel n’existe pas non plus ; il fait défaut, depuis plus de deux siècles, sur la doctrine de l’Église sur l’argent.

[6] L’argumentation thèse-hypothèse est ainsi présentée par l’abbé A. Roussel dans son livre Libéralisme et catholicisme, p.96 : « Le « Catholique-libéral », lui, sépare la fin et les moyens, la théorie et la pratique ; pis encore, il les oppose jusqu’à les rendre incompatibles. Pour lui, la « thèse » c’est l’ «idéal » impossible, l’absolu chimérique, l’abstrait irréel ; l’ »hypothèse » c’est le « possible », le concret, le réel (…). Il ne veut pas voir qu’entre l’oubli de la thèse et sa réalisation immédiate et complète il y a le milieu, « juste » cette fois, qui consiste à la vouloir sans cesse et à la réaliser le plus possible dans les circonstances données. Au lieu de voir d’abord la « thèse », c’est-à-dire la fin à vouloir et les règles générales et particulières de son application que fournit la théorie, pour ensuite l’affirmer franchement et la réaliser prudemment, il s’enferme dans la complexité obscure des cas individuels et, hypnotisé par les difficultés pratiques de l’ « hypo-thèse », il en vient à minimiser ou même à dissimuler la « thèse » : ainsi ce n’est plus la théorie qui règle la pratique, c’est la pratique qui mesure la théorie ».

[7] Le texte du message de la Salette est reproduit dans les brochures AFS « Notre-Dame de la Salette , le cent cinquantième anniversaire de l’apparition » et « Un éclair dans le ciel, Fatima ».

[8]  Cf. la brochure AFS Un éclair dans le ciel, Fatima, p. 38.

[9] Saint Pie X, lettre à l’abbé Debout, 8 mai 1906.

[10] Dom Guéranger, Le sens chrétien de l’histoire, p.53 (Edit. Plon).

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POUR  UN  MEILLEUR  ABRÉGÉ  DU  CATÉCHISME  DE  L’ÉGLISE  CATHOLIQUE

 

Quelques mois après la parution du "Catéchisme de l’Église catholique" (CEC), un auteur rédigeait une étude en français, qui a circulé en Belgique et en France, et a été traduite en anglais ; elle est intitulée : Pour un meilleur catéchisme.

Après avoir rappelé les qualités indéniables de ce nouveau catéchisme, l’auteur dressait une liste impressionnante de passages défectueux (plus de 300 numéros cités), et proposait des corrections "pour un meilleur catéchisme".

Nous savons que cette étude a été envoyée – et probablement d’autres du même genre –, à l’Autorité compétente à Rome. En réponse, la Commission a dit qu’elle appréciait hautement cette démarche, et qu’elle adressait ses remerciements à l’auteur. Mais, malheureusement, dans l’édition définitive du CEC parue en français en 1998, nous ne voyons pas qu’il ait été tenu compte des graves défauts signalés dans cette étude.

 

En août 2005 est parue l’édition en français de l’Abrégé du Catéchisme de l’Église catholique (en Belgique, chez Fidélité, à Namur).

Ayant assuré "le cours de religion" pendant très longtemps et dans toutes les classes, il se trouve que, parmi nos anciens et anciennes élèves, celles et ceux qui ont lu cet Abrégé sont très étonnés, voire scandalisés, de ne pas y retrouver partout la doctrine traditionnelle de l’Église catholique romaine. C’est donc pour leur répondre que les présentes notes sont rédigées après une première lecture du texte français de l’Abrégé, sans donner de longues explications, car nous savons bien quelles sont leurs connaissances.

Si cette modeste étude est lue en dehors de la Belgique, nous prions les lecteurs francophones d’excuser les belgicismes, s’ils en trouvent.

Au début des paragraphes, le nombre en gras est le numéro de l’une des 598 questions de l’Abrégé, sauf quand il est indiqué qu’il s’agit d’une page.

*****

2. « Par nature et par vocation, l’homme est […] capable d’entrer en communion avec Dieu. Ce lien intime »

Par « nature » il n’est capable que de relation avec Dieu comme son Créateur ; par « vocation » baptismale et par la grâce il est capable de communion avec Dieu, comme son Père. Et ce lien n’est « intime » que par la grâce.

18. « la Sainte Écriture […] enseigne sans erreur les vérités qui sont nécessaires à notre salut. »

Oui, mais pas seulement ces vérités-là : puisque Dieu est l’auteur principal de toute la Bible, il s’ensuit que toute la sainte Écriture, étant divinement inspirée, est exempte de toute erreur, « et quiconque le nierait, serait hérétique », dit saint Thomas d’Aquin.

28. « Quelles sont les caractéristiques de la Foi ? […] elle grandit en permanence ».

Hélas, pas toujours ; et on peut même la perdre.

45. « Symbole de Nicée-Constantinople. […] de même nature que le Père »

Cette formule, chère aux ariens, n’est pas la véritable traduction du texte grec ni du texte latin. Il faut : consubstantiel au Père ; comme cela est dit en 87 et 88.

47. « par le don éternel que le Père fait de lui au Fils »

Certains vont penser que « lui » désigne ici le Père ; d’autres penseront que ce mot désigne ici le Saint-Esprit. Il faut rédiger autrement pour éviter l’équivoque.

48. « parce que chacune d’elles est identique à la plénitude de l’unique et indivisible nature divine. »

Ici encore le mot « nature » n’est pas suffisant. Il faudrait : nature et substance.

49. « Inséparables dans leur unique nature »

Même remarque qu’en 48.

66. « L’homme […] est la seule créature que Dieu a voulue pour elle-même »

Ce n’est pas ce qu’enseigne saint Paul en Rom. XI, 36, et Col. I, 16 : tout a été créé pour Dieu.

66. L’homme est « capable […] d’entrer en communion avec Dieu »

De lui même : non ; avec la grâce sanctifiante : oui.

71. « pour une communion de personnes »

Le philosophe Marcel de Corte a bien montré que la communion des personnes n’est pas possible au plan naturel ; mais elle est possible pour les membres de l’Église, puisque la même grâce sanctifiante et la même vie divine sont personnelles à chaque baptisé (en état de grâce).

96. « Que signifie l’“Immaculée Conception” ? […] Marie a été préservée du péché originel dès sa conception. »

La définition infaillible de ce dogme est plus exacte et très précise ; elle dit : « dès le premier instant de sa conception ».

113. « Certains chefs d’Israël […] le livrèrent à Pilate afin qu’il fût condamné à mort. »

On ne peut cacher la vérité évangélique : c’est d’abord le grand prêtre et les membres du sanhédrin qui ont condamné eux-mêmes le Christ à mort ; et la foule qui était présente devant Pilate a ratifié le jugement de ses chefs en criant plusieurs fois « Crucifie-le ! », pour faire céder Pilate qui, voyant son innocence, voulait le relâcher.

116. « la tragique incompréhension du Sanhédrin »

Le Christ, étant Dieu, a agit parfaitement en toute circonstance. Il a donc donné à ses auditeurs toutes les preuves nécessaires et suffisantes de sa divinité, à laquelle il leur demandait de croire. C’est pourquoi il ne parle pas de leur « incompréhension », mais, plusieurs fois, de leur péché ; il a même précisé qu’ils n’avaient pas d’excuse à leur péché.

117. « Qui est responsable de la mort de Jésus ? La passion et la mort de Jésus ne peuvent être imputées indistinctement ni à tous les Juifs alors vivants, ni aux Juifs venus ensuite […] tout homme est réellement la cause et l’instrument des souffrances du Rédempteur. »

Saint Pierre dit, le jour de la Pentecôte : « Hommes d’Israël, écoutez ces paroles : Jésus de Nazareth […] que vous avez fait mourir en le crucifiant par la main des impies » ; et il déclare au Sanhédrin : « Jésus-Christ de Nazareth que vous, vous avez crucifié ». Donc :

– Historiquement :

·         la cause efficiente = parmi les Juifs d’alors, tous ceux qui par jalousie et par haine l’ont condamné à mort ; et ceux qui ont forcé Pilate à l’envoyer à la mort.

·         la cause instrumentale = les soldats romains.

– théologiquement : tout homme est plus ou moins responsable selon ses péchés.

127. « Quels “signes” attestent la Résurrection de Jésus ? […] le signe essentiel que constitue le tombeau vide »

Il faudrait ajouter : et les linges restés dans le tombeau, et leur disposition.

144. « à la Pentecôte […] la Trinité est pleinement révélée. »

Elle est déjà révélée clairement dans l’Évangile avant la Pentecôte.

146. « Comment agissent le Christ et son esprit »

Il faut : et son Esprit.

147 à 159. Toutes ces réponses – qui sont les premières du chapitre : « Je crois à la sainte Église catholique » – sont satisfaisantes au regard de la théologie protestante.

147. « Que signifie le mot Église ? Il désigne le peuple que Dieu convoque et rassemble […] pour constituer l’assemblée de ceux qui »

Rien sur la hiérarchie. Or le Christ a d’abord institué la hiérarchie en la personne de Pierre et des autres apôtres, et c’est par cette hiérarchie, qui est première, qu’est convoqué le peuple que Dieu rassemble.

152. L’Église « est signe et instrument […] de l’unité de tout le genre humain. »

L’Église catholique n’a pas le rôle de l’O.N.U. Le Christ ne l’a pas fondée pour unir le genre humain, ou pour qu’elle soit l’animatrice de la démocratie universelle, chère aux francs-maçons. Il la fondée pour qu’elle conduise le plus possible d’hommes au Ciel.

153. « en un seul peuple, rassemblé dans l’unité du Père, du Fils et de l’Esprit Saint. »

Une fois de plus la hiérarchie est absente. Il faudrait : rassemblé par la hiérarchie dans l’unité etc. Car c’est par la hiérarchie, qu’il a fondée en premier, que le Christ constitue un peuple et le rassemble.

154. « Ce peuple […] a pour condition la dignité et la liberté des fils de Dieu »

Qu’est-ce à dire ?

155. « Le peuple de Dieu prend part à la fonction sacerdotale du Christ parce que les baptisés sont consacrés »

Il n’y a rien dans ce paragraphe sur la fonction sacerdotale par excellence, celle du sacerdoce des prêtres.

159. « le Saint-Esprit réside dans le corps qui est l’Église, dans sa Tête et dans ses membres »

Il n’est rien dit de la hiérarchie. Or le Saint-Esprit réside dans la hiérarchie catholique pour qu’elle enseigne, sanctifie et commande ; il réside dans les autres membres de l’Église catholique pour qu’ils soient dociles à cette triple action de la hiérarchie.

161. « L’Église est une, parce qu’elle »

Pour ne pas encourager les équivoques actuelles en ce domaine, il faut dire : L’Église romaine est une, parce qu’elle…

161. « Elle a une seule foi, une seule vie sacramentelle, une seule succession apostolique »

Manque ici : un seul chef visible, le Pape.

162. « l’unique Église du Christ subsiste (subsistit in) dans l’Église catholique »

On connaît les erreurs et les équivoques nées de l’usage de cette formule récente. L’Église catholique a toujours enseigné – et sa Tradition est unanime sur cette vérité – que l’unique Église du Christ est (est) l’Église catholique apostolique et romaine ; et elle seule.

163. « les Églises et communautés ecclésiales, qui se sont séparées de la pleine communion de l’Église catholique […] Les membres de ces Églises et communautés sont incorporés au Christ par le baptême »

Ce n’est pas ainsi qu’enseigne et parle la Tradition catholique. Ainsi, et entre autres, Léon XII : « Ils se flattent faussement d'une prétendue communion avec le Siège apostolique […] Comprenez et rappelez-vous bien […] qu'ils appartiennent à l'Antéchrist, non au Christ, tous ceux qui refusent de s'associer à la communion de la Chaire de Pierre (Exhort. Pastoralis aeterni).

165. « En quel sens l’Église est-elle sainte ? L’Église est sainte parce que »

Pour ne pas encourager les équivoques actuelles en ce domaine, il faut dire : En quel sens l’Église romaine est-elle sainte ? L’Église romaine est sainte, parce qu’elle…

166. « Pourquoi l’Église est-elle appelée catho­lique ? L’Église est catholique, c'est-à-dire »

Pour les mêmes raisons il faut dire chaque fois : L’Église romaine.

168. « Qui fait partie de l’Église catholique ? Tous les hommes, sous diverses formes, appartiennent ou sont ordonnés à l’unité catholique du Peuple de Dieu. »

Tous les hommes ? Même ceux qui volontairement et consciemment rejettent le Christ (par exemple chez les juifs ou les musulmans) ? ou rejettent son Église, qui est l’Église catholique romaine (comme nombre d’hérétiques et de schismatiques) ?

168. Les baptisés qui ne réalisent pas pleinement cette unité catholique sont dans une certaine com­munion, bien qu’imparfaite, avec l’Église catholique. »

Une unité qui n’est pas pleine, n’est pas une unité. Et que signifie réellement une certaine communion imparfaite ?

On pourrait multiplier ici les citations des Pères, des docteurs, et des papes. Une seule suffit, celle d’un Père et Docteur de l’Église : « En beaucoup de points ils sont avec moi, en quelques-uns seulement ils ne sont pas avec moi ; mais à cause de ces quelques points dans lesquels ils se séparent de moi, il ne leur sert de rien d'être avec moi en tout le reste (Saint Augustin, in Psalm. LIV, n. 19 ) ».

169. « À la différence des autres religions non chrétiennes, la foi juive est déjà une réponse à la Révélation du Dieu de l’ancienne Alliance. »

Elle était la réponse à la Révélation divine d’avant le Christ. Elle ne l’est plus depuis la venue du Christ ; et déjà le Christ reprochait à ses auditeurs d’avoir trahi la foi d’Abraham et de Moïse : leur judaïsme n’était plus celui de leur fondateur ; et le judaïsme d’au­jourd’hui est surtout talmudique, s’écartant davantage encore de celui des Patriarches et des Prophètes, et il rejette la Révélation du Christ.

170. Pour éviter les équivoques et les erreurs actuelles sur l’Église, il faut, dans la question et la réponse, ajouter chaque fois au mot ‘Église’ : ‘catho­lique romaine’.

De plus, suivre « leur conscience » ne suffit pas pour qu’ils soient sauvés. L’Église enseigne qu’il doivent en plus avoir la foi surnaturelle et la charité parfaite (cf. Dumeige, La foi catholique, n° 508).

174. « Pourquoi l’Église est-elle apostolique ? L’Église est apostolique par »

Là encore, il faut deux fois : l’Église romaine.

174. « les évêques en communion avec le succes­seur de Pierre. »

S’agit-il d’une communion parfaite ou d’une ‘com­munion imparfaite’ ?

176. « La succession apostolique est la transmission […] de l’autorité des apôtres à leurs successeurs, les évêques. »

Il faut dire : à leurs légitimes successeurs, les évêques catholiques romains.

177. le titre est : « Les fidèles : hiérarchie, laïcs, vie consacrée »

Que gagne-t-on a bouleverser les notions ? Tradi­tionnellement on dit que la hiérarchie ne fait pas partie des fidèles, mais des baptisés.

179. « Pourquoi le Christ a-t-il institué la hiérarchie ecclésiastique ? »

Comment peut-on passer sous silence que cette hiérarchie a été instituée (en la personne des apôtres d’abord) pour fonder et développer l’Église du Christ ?

180. « Tout évêque exerce son ministère […] en communion avec le Pape »

Il faut dire : en communion avec le Pape et sous son autorité. Comme cela est dit, à la fin du paragraphe, pour les prêtres : « en communion avec l’évêque et sous son autorité. »

182. « Le Pape, évêque de Rome et successeur de saint Pierre, est »

Il serait plus exact de dire : “L’évêque de Rome et successeur de saint Pierre, le Pape, est” ; car il est pape parce qu’il a été choisi comme évêque de Rome.

182. « Le Pape […] Tête du Collège des évêques »

Un collège est un groupement constitué de membres égaux; or le pape n’est pas seulement un primus inter pares : il a puissance et autorité immédiate sur tous et chacun des évêques. Il faut donc dire : Chef du Corps des évêques.

182, 183. Le pape a sur l’Église « un pouvoir plénier, suprême, immédiat et universel. » « Le Collège des évêques, en communion avec le Pape et jamais sans lui, exerce aussi sur l’Église un pouvoir suprême et plénier. »

Un pouvoir qui est « suprême et plénier » ne peut pas avoir deux titulaires. De plus, comme précédemment, il ne suffit pas de dire « en communion avec lui et jamais sans lui » ; il faut dire « sous son autorité ».

184. « En communion avec le Pape, les évêques ont »

Ici encore, il ne suffit pas de dire « en communion avec » le pape ; il faut ajouter : “et sous son autorité”.

185. « Quand s’exerce l’infaillibilité du Magistère ? […] quand le Souverain Pontife, en vertu de son autorité de suprême Pasteur de l’Église »

La définition conciliaire de l’infaillibilité du Pontife romain dit : “Pasteur et Docteur de tous les chrétiens”.

185. « Quand s’exerce l’infaillibilité du Magistère ? […] quand le Collège des évêques en communion avec le Pape, surtout lorsqu’ils sont rassemblés en concile œcuménique déclarent […] ou encore quand le Pape et les évêques, dans leur Magistère ordinaire, sont unanimes à déclarer […]

Il y aurait donc infaillibilité du Magistère, en plus du cas du pape seul :

1°/ dans le collège des évêques

2°/ dans le collège des évêques rassemblés en concile œcuménique

3°/ dans leur Magistère ordinaire.

Ce qui est vrai c’est que le Pape peut définir infailliblement une doctrine relative à la foi ou à la morale, soit en le faisant seul, soit en le faisant lors d’un concile œcuménique. Et lorsque les évêques ne sont pas rassemblés en un tel concile, ils ne peuvent avoir qu’un magistère ordinaire. De plus, pour qu’il y ait infaillibilité du Magistère ordinaire (pontifical ou épiscopal), il est « requis que la vérité enseignée soit proposée comme ayant été définie précédemment, ou comme ayant toujours été crue ou admise dans l'Église, ou comme étant attestée, par le consen­tement unanime et constant des théologiens, comme vérité catholique. » (Dictionnaire de Théologie Catholique, art. Infaillibilité, col. 1705)

185. « dans leur Magistère ordinaire »

Il ne peut y avoir infaillibilité simplement parce que c’est le magistère ordinaire de la hiérarchie à telle époque, car alors, au temps de l’arianisme, cette hérésie, enseignée (de gré ou par crainte) par la hiérarchie de l’époque serait une vérité infaillible ! De même pour un pape seul : ainsi le pape Jean XXII a enseigné plusieurs fois cette erreur que les âmes des saints défunts n’ont pas la vision béatifique de Dieu avant la résurrection des corps, et que ni les damnés ni les démons n’habitent actuellement en enfer (et de plus sa rétraction, obtenue sur son lit de mort, est ambiguë). C’était son magistère ordinaire sur cette question, mais ce n’était pas le magistère ordinaire, universel et constant de l’Église auquel ses contemporains auraient dû adhérer comme infaillible. De même encore, le pape Paul VI a enseigné plusieurs fois que la Sainte Vierge est morte ; c’est son magistère ordinaire sur cette question, mais l’on n’est pas tenu de croire comme infaillible cet enseignement, car il n’est ni universel ni constant dans l’Église : cet enseignement de Paul VI reste une libre opinion.

C’est pourquoi l’Église enseigne qu’il s’agit du Magistère ordinaire, universel et constant. Ce que ne dit pas ce paragraphe 185.

Il ne dit pas non plus que l’une des conditions de l’infaillibilité, c’est que la pape manifeste sa volonté de nous obliger sous peine pour nous de perdre la foi catholique.

196. « Jésus l’a donnée comme mère à son disciple »

C’est exact, mais il faudrait ajouter : et à nous.

197. « ils l’invoquent sous les titres […] de médiatrice. »

De “médiatrice de toutes les grâces”, comme dit la fête liturgique célébrée à différentes dates selon les églises.

198. « Quel type de culte convient-il à la Sainte Vierge ? C’est un culte particulier, mais qui diffère essentiellement du culte d’adoration »

Il serait plus exact de dire : “C’est le culte le plus haut qui soit, mais qui diffère essentiellement” etc.

204. « “ceux qui font le mal ressuscitant pour être jugés” (Jn 5, 29) »

Habituellement, les Bibles en français traduisent : “ressuscitant pour la damnation”, ou “pour être condamnés”.

212. « La peine principale de l’enfer est la séparation éternelle de Dieu. […] Le Christ exprime cette réalité par ces mots : “Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel” »

Cette phrase de saint Matthieu, et bien d’autres endroits de l’Évangile, n’expriment pas seulement « cette réalité », c'est-à-dire « la peine principale » qui est la « séparation éternelle de Dieu », mais aussi une autre peine : le feu éternel.

218. « Qu’est-ce que la liturgie ? »

On est très étonné de ne pas trouver dans la longue réponse (six lignes), ni la mention de la “louange de Dieu”, ni celle de la “gloire de Dieu”.

236. « La célébration liturgique est composée de signes et de symboles, dont »

Elle est composée aussi de paroles et d’actions.

248. « Quel est le critère qui garantit l’unité dans cette pluralité [des différentes traditions liturgiques] ? […] L’Église est catholique : elle peut donc intégrer dans son unité toutes les véritables richesses des différentes cultures. »

Quand on connaît les abus, dérives et erreurs engendrés dans le monde par “l’inculturation” de la liturgie depuis de nombreuses années, on devrait plutôt trouver ici : “toutes les véritables richesses des différentes traditions liturgiques”.

256. « Quel est le rite essentiel du baptême ? […] consiste à […] en prononçant l’invocation : au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. »

Il faut : “en prononçant la formule baptismale : Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.”

262. « Quant aux petits enfants morts sans le baptême, l’Église dans sa liturgie les confie à la miséricorde de Dieu. »

C’est faire silence sur la doctrine commune des limbes. Et c’est ne pas dire ce que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi rappelait le 20 octobre 1980, dans l’Instruction Pastoralis actio : l'Église « ne connaît pas d'autres moyens […] pour assurer aux enfants l'entrée dans la béatitude éternelle » que le baptême.

277. « la liturgie eucharistique, qui comprend la présentation du pain et du vin »

L’offertoire de la Messe n’est pas une simple « présentation » du pain et du vin.

293. « Quand est-il possible d’administrer la communion à d’autres chrétiens ? »

L’Église a toujours répondu ainsi à cette question : il n’est jamais permis de donner la sainte communion à ceux qui ne sont pas catholiques, car ce serait une communicatio in sacris interdite de droit divin. Cette doctrine et cette pratique ont toujours été celle de l’Église catholique jusqu’à l’œcuménisme pratiqué depuis Vatican II ; doctrine et pratique constantes, sanctionnées ainsi dans le Code de droit canonique préparé par saint Pie X :

« Il est interdit d’administrer les sacrements de l’Église aux hérétiques et aux schismatiques, même s’ils errent de bonne foi et les demandent, s’ils ne se sont pas d’abord réconciliés avec l’Église après avoir rejeté leurs erreurs » (can. 731, § 2).

Une exception était admise par certains auteurs – et encore à certaines conditions et en cas de danger de mort en état de péché mortel, mais jamais pour la communion –, pour la pénitence (et sous condition car il y a doute sur sa validité dans ce cas), et de même pour l’extrême onction (si le malade étant privé de connaissance ne pouvait pas se confesser).

L’Abrégé, en permettant d’administrer la communion à des chrétiens qui ne sont pas catholiques, rompt gravement avec la doctrine, la pratique et la Tradition de l’Église.

Il aurait bien mieux fait de dire au moins comme Vatican II (décret sur les Églises orientales) : « La communicatio in sacris qui porte atteinte à l’unité de l’Église, ou bien comporte une adhésion formelle à l’erreur, un danger d’égarement dans la foi, de scandale ou d’indifférentisme, est interdite par la loi divine ».

En effet, ce n’est pas seulement une question de discipline, mais d’abord une question de dogme et de foi.

294. « nous unissant […] à l’Église du ciel, à la bienheureuse Vierge Marie et à tous les saints. »

Il ne faut pas oublier ces autres habitants du Ciel que sont les saints anges.

300. « La pénitence implique […] ferme propos de ne plus pécher à l’avenir »

Il faut ajouter : “et de réparer le dommage causé par le péché”.

326. « L’ordination épiscopale […] fait de l’évêque le successeur légitime des apôtres »

Il faut : “fait de l’évêque, s’il a le "mandat pontifical" pour être ordonné, le légitime successeur des apôtres”.

327. « L’évêque, auquel est confié une Église particulière, est le principe visible et »

Il faut dire : “auquel est confié par le pape une Église particulière”, car c’est du pape qu’il reçoit la juridiction sur cette Église.

338. « Pour quelles fins Dieu a-t-il institué le mariage ? L’union matrimoniale […] est ordonnée par nature à la communion et au bien des conjoints, à la génération et à l’éducation des enfants. »

Ce n’est pas ainsi que parle la Tradition catholique, et au moins depuis saint Augustin, en présentant toujours les fins du mariage selon leur ordre d’importance, et distinguant entre fin primaire et fins secondaires. L’Abrégé aurait dû au moins faire comme Vatican II (Gaudium et Spes, n° 50, 1) qui commence par dire : « Le mariage et l’amour conjugal sont d’eux-mêmes ordonnés à la procréation et à l’éducation », puis ajoute, vers la fin du paragraphe, la mention : « autres fins du mariage » ; et termine en disant aux époux qu’ils doivent être « disponibles pour coopérer courageusement à l’amour du Créateur et du Sauveur qui, par eux, veut sans cesse agrandir et enrichir sa propre famille ».

Car il s’agit bien de cela dans le dessein de Dieu : Il veut donner la béatitude céleste à une multitude d’anges (ce qui est c’est fait) et d’hommes. Et pour peupler d’hommes le Ciel, il faut d’abord que la terre en soit peuplée : d’où l’institution, par Dieu, du mariage et le but premier de celui-ci.

C’est pourquoi la Tradition catholique a toujours dit explicitement et très clairement – ce que ne fait pas l’Abrégé – que :

·         la “fin primaire”, c'est-à-dire première et principale, est la procréation et l’éducation des enfants ;

·         les “fins secondaires” (ce qui ne veut pas dire sans importance) sont le secours mutuel des époux, et le remède à la concupiscence ;

·         et que ces fins secondaires sont « essentiellement subordonnées à la fin primaire (Denz.-Bann. 2295) », et que « cela vaut pour tout mariage, même infécond » (Pie XII).

Sur le mariage, l’Abrégé a donc adopté la nouvelle doctrine que l’on trouve dans le nouveau Code de droit canonique. Mais, comme Le "Code de droit canonique annoté" (publié en France par Cerf/Tardy, I989) l’avoue lui-même p. 564 : « C'est un change­ment très profond à la doctrine maintenue jusqu'au concile Vatican II ».

Personne, ni aucune assemblée, n’a autorité pour opérer « un changement très profond à la doctrine » enseignée par toute la Tradition « jusqu’au concile Vatican II ».

341. « le mariage […] sacrement, qui est le signe de son amour sponsal pour l’Église : “Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Église” (Ep 5, 25). »

L’Abrégé nous cache une partie de l’enseignement de saint Paul dans le même chapitre, juste avant : « Que les femmes soient soumises à leurs maris comme au Seigneur : en effet, le mari est le chef de sa femme, comme le Christ est le chef de l'Église, lui le sauveur du Corps ; or l'Église se soumet au Christ ; les femmes doivent donc, et de la même manière, se soumettre en tout à leurs maris (Éph. 5, 22-24) ». Et il en est de même dans l’enseignement de saint Pierre (1 P. 3, 1) : « femmes, soyez soumises à vos maris » ; et encore avec saint Paul (Col. 3, 18) : « Femmes, soyez soumises à vos maris, comme il se doit dans le Seigneur ».

344. « Qu’est-ce que le consentement matrimonial ? Le consentement matrimonial est […] dans le but de vivre une alliance d’amour fidèle et fécond. »

Et si l’amour n’existe pas au départ ? comme dans les "mariages de raison", n’y aura-t-il pas consen­tement valide et « véritable mariage » ?

345. « Qu’est-il exigé quand l’un des époux n’est pas catholique ? […] que la partie catholique accepte les engagements, connus aussi de l’autre conjoint, de »

Quand on connaît les engagements d’un autre, cela ne veut pas dire qu’on s’engage à les suivre soi-même.

Jusqu’avant les dérives de l’œcuménisme moderne, l’Église a toujours exigé que le conjoint qui n’est pas catholique s’engage par écrit à respecter la foi catholique de l’autre conjoint, et à ce que les enfants soient baptisés dans le seul rite catholique et éduqués catholiquement.

page 144. Longue citation de Nicolas Cabasilas.

Dans un catéchisme catholique on préférerait trouver une citation d’un auteur catholique. Il n’en manque pas d’au moins aussi savant et pieux que Nicolas Cabasilas, qui fut évêque dans l’Église grecque séparée de Rome, et dont le Dictionnaire de Théologie Catholique, dans l’article qu’il lui consacre (t. 2, col. 1292), dit : « Cabasilas n’eut pas les sentiments d’un catholique romain ».

page 147. Le titre de la section est : « La vocation de l’homme : la vie dans l’Esprit »

La vie dans l’Esprit est la vocation du chrétien.

358. « Dotée d’une âme spirituelle et immortelle, d’intelligence et de volonté libre, la personne humaine est ordonnée à Dieu et appelée, en son âme et en son corps, à la béatitude éternelle. »

Sauf la Sainte Vierge (parce que préservée du péché originel), toutes les personnes humaines sont, de fait, désordonnées à Dieu par le péché originel, et rejetée du Ciel tant que ce péché ne leur est pas enlevé.

après 358 qui demande : « Quel est le fondement de la dignité de l’homme ? », il faudrait trouver – mais elle n’y est pas – la question : “Quel est le fondement de la dignité du chrétien” ; et cela d’autant plus qu’entre 357 et 358 on a encadré la citation de saint Léon le Grand : « Chrétien, reconnaît ta dignité. », sans explications.

359. « la grâce du Christ, qui le [l’homme] rend participant de sa vie divine. »

Il s’agit donc ici de la grâce sanctifiante.

Deux lignes après, on lit : « La grâce du Christ agit aussi en tout homme qui, suivant sa conscience droite, recherche et ». En raison du mot « aussi » on conclut que « tout homme qui, suivant… » possède la grâce sanctifiante. Il faudrait distinguer clairement la grâce sanctifiante de la grâce actuelle.

365. « À tout homme appartient le droit d’exercer sa liberté, car celle-ci est inséparable de sa dignité de personne humaine. Un tel droit doit donc toujours être respecté, notamment en matière morale et religieuse. Il doit être civilement reconnu et protégé, dans les limites du bien commun et de l’ordre public juste. »

Cette doctrine contredit ce que l’Église a toujours enseigné en la matière. Il faut dire, comme l’auteur dont nous avons parlé tout au début de ces pages :

Il ne faut pas confondre le domaine de l'être et celui de l'agir ; le libre arbitre est du domaine du premier, la liberté d'action est du domaine du second, et dans ce domaine de l'agir il se rencontre du bien et du mal, du vrai et du faux. La personne perd sa dignité en proportion de son adhésion à l'erreur ou au mal. Tel est l'enseignement de la Tradition, par exemple dans l'encyclique Immortale Dei : « Si l'intelligence adhère à des idées fausses, si la volonté choisit le mal et s'y attache, ni l'une ni l'autre n'atteint sa perfection, toutes deux déchoient de leur dignité native et se corrompent. Il n'est donc pas permis de mettre au jour et d'exposer aux yeux des hommes ce qui est contraire à la vertu et à la vérité, et bien moins encore de placer cette licence sous la tutelle de la protection des lois. » (Comme saint Thomas, Léon XIII donne ici le nom de licence à la liberté qui choisi le mal.)

Il n'y a de droit que pour le bien et la vérité ; pour le mal et l'erreur il peut y avoir, dans certains cas seulement, une certaine tolérance.

Cette nouvelle doctrine sur la liberté religieuse au for externe s'oppose à l'enseignement de la Tradition. En effet, l'Église a toujours enseigné que la liberté religieuse au for externe n'est pas un droit, qu'elle ne doit pas être inscrite dans les lois comme un droit, qu'elle peut seulement faire l'objet d'une tolérance.

L’encyclique Quanta cura, avec toute la Tradition, a condamné cette doctrine ainsi : « Contrairement à la doctrine de la Sainte Écriture, de l'Église et des Saints Pères, ils affirment sans hésitation que “la meilleure condition de la société est celle où l'on ne reconnaît pas au pouvoir l'obligation de réprimer par la sanction des peines les violateurs de la religion catholique, si ce n'est lorsque la tranquillité publique le demande”. En conséquence de cette idée absolument fausse du gouvernement social, ils n'hésitent pas à favoriser cette opinion erronée, on ne peut plus fatale à l'Église catholique et au salut des âmes et que Notre prédécesseur d'heureuse mémoire Grégoire XVI appelait un délire, à savoir “que la liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme ; qu'il doit être proclamé et garanti par la loi dans toute société bien constituée”».

373. « Au titre de sa dignité personnelle, l’homme ne doit pas être contraint d’agir contre sa conscience, et on ne doit même pas l’empêcher, dans les limites du bien commun, d’agir en conformité avec sa conscience, surtout en matière religieuse. »

Relire ci-dessus les notes de 365.

Ajoutons que la « dignité personnelle » est variable selon les personnes : la dignité de la personne qu’était Staline ou Hitler, n’est pas la même que celle de saint Vincent de Paul !

Cette nouvelle doctrine sur la liberté religieuse (« surtout en matière religieuse ») au for externe (« on ne doit même pas l’empêcher ») s’oppose à l’enseignement constant de la Tradition catholique, comme on l’a vu plus haut.

De cette nouvelle doctrine on déduit logiquement que “tout homme est libre de […] professer la religion que la lumière de la raison l’aura amené à juger être la vraie religion” ; mais cette proposition est condamnée, en ces termes mêmes, par Pie IX (cf. Dumeige, Foi catholique n° 447) ; et l’encyclique Quanta cura enseigne qu’une telle liberté est une “liberté de perdition”.

Rappelons encore, avec l’auteur déjà cité :

Pie XII a énuméré les "droits fondamentaux de la personne" dans son radio-message de Noël 1942. Sont-ils "inaliénables" ? Pour éviter la confusion et l'erreur il faut distinguer entre droit objectif et droit subjectif : l'un est aliénable, l'autre non. ; le droit objectif étant l'objet concret du droit, le droit subjectif étant la faculté d'exiger (abstraction faite de son exercice). Le droit subjectif est fondé sur le devoir à accomplir ; le droit objectif est fondé sur l'ordre objectif selon le bien et le vrai, et c'est pourquoi : « ce qui ne répond pas à la vérité ou à la loi morale n'a objectivement aucun droit à l'existence, ni à la propagande, ni à l'action », enseigne Pie XII, aux juristes italiens le 6.12.1953, à la suite de toute la Tradition. Donc l'homme perd son droit naturel (objectif) quand il s'applique au mal ou à l'erreur, et « les droits de l'homme n'ont de vigueur, en vérité, que là où sont respectés les droits imprescriptibles de Dieu » (Jean-Paul II, 10.12.1980, aux évêques du Brésil). Le catéchisme devrait dire aussi que les vrais droits de la personne humaine naissent de ses devoirs envers Dieu.

Terminons en rappelant que Dieu étant le Créateur, Seigneur et Maître, les droits des personnes comme ceux des sociétés, doivent céder devant ceux de Dieu et ceux sa vérité. Et cela explique pourquoi le Christ dit que celui qui ne voudra pas croire en Lui « sera condamné ».

402. « Le principe, le sujet et la fin de toutes les institutions sociales sont et doivent être la personne. »

Que devient alors la “primauté du bien commun” ? Et que devient aussi le dogme de la royauté sociale du Christ ?

« La fin de toutes les institutions sociales » et de tout ce qui est créé, c’est Dieu ! Cette vérité est souvent et clairement exprimée par la sainte Écriture.

405. « Toute communauté humaine a besoin d’une autorité légitime […] Cette autorité trouve son fon­dement dans la nature humaine, parce qu’elle correspond à l’ordre établi par Dieu. »

Il faudrait dire clairement, comme l’Église l’a toujours fait après saint Paul : “toute autorité vient de Dieu : omnis potestas a Deo”.

406. « Les régimes politiques doivent être déter­minés par la libre décision des citoyens »

Cela semble condamner les régimes qui ne sont pas démocratiques.

Rappelons donc l’enseignement de Pie XII (Radio-message au monde, 24 déc. 1944) :

« Il est à peine nécessaire de rappeler que, selon l’enseignement de l’Église, “il n’est pas défendu de préférer des gouvernements modérés de forme populaire à condition toutefois qu’on respecte la doctrine catholique sur l’origine et l’exercice du pouvoir public” ».

406. « les régimes politiques […] doivent respecter l’ “état de droit”, dans lequel est souveraine la loi »

C’est ce qu’on appelle “le positivisme juridique”. Pie XII en dit ceci, au Tribunal de la Rote (13 nov. 1949) :

« Le simple fait pour une loi d’être déclarée par le pouvoir législatif norme obligatoire dans l’État, fait considéré seul et par lui-même, ne suffit pas à créer un vrai droit. Le “critère du simple fait” vaut seulement pour Celui qui est l’Auteur et la Règle souveraine de tout droit : Dieu. L’appliquer indistinctement et définitivement au législateur humain, comme si la loi était la règle suprême du droit, est l’erreur du positivisme juridique, au sens propre et technique du mot : erreur qui est à la base de l’absolutisme d’État et qui équivaut à une déification de l’État lui-même. »

Dans l’État, la loi qui doit être « souveraine », c’est la loi divine.

407. « Qu’est-ce que le bien commun ? [… C’est] l’ensemble des conditions de la vie sociale qui permettent aux groupes et aux personnes d’atteindre leur perfection. »

Pie XII disait : « ces conditions extérieures nécessaires à l’ensemble des citoyens pour le développement de leurs qualités, de leurs fonctions, de leur vie matérielle, intellectuelle et religieuse. »

411. « la dignité et les droits de la personne, qui constituent la fin propre de la société. »

L’encyclique Divini illius Magistri dit, en parlant de « la société civile », que le « bien commun temporel est justement sa fin propre. […] Or, cette fin, ce bien commun d’ordre temporel, consiste dans la paix et la sécurité dont les familles et les citoyens jouissent dans l’exercice de leurs droits et en même temps dans le plus grand bien-être spirituel et matériel possible en cette vie, grâce à l’union et à la coordination des efforts de tous. »

444. « la dignité de la personne humaine requiert qu’en matière religieuse nul ne soit […] empêché d’agir selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres. »

C’est encore la même erreur, contraire à l’enseignement constant de l’Église, au sujet de la liberté religieuse au for externe. Relire donc les notes de 365, 373.

454. « Pourquoi la reconnaissance civile du dimanche comme jour festif est-elle importante ? »

La réponse donnée convient aussi bien au dimanche qu’au sabbat ou qu’à un autre jour. Ne serait-ce pas parce que l’Abrégé ne veut plus dire la doctrine constante de l’Église sur l’État ? à savoir que l’État a le devoir de reconnaître la seule religion vraie fondée par Jésus-Christ ; qu’il doit la soutenir ; qu’il doit reconnaître l’autorité doctrinale de la vraie religion ; qu’il doit reconnaître officiellement sa dépendance à l’égard de Dieu et du Christ-Roi ; et que, s’il les circonstances lui font tolérer le mal et l’erreur dans l’intérêt d’un bien supérieur, cet État “est d’autant plus imparfait que la tolérance doit y être plus grande”.

456. « ordonnés au bien des époux, à la procréation et à l’éducation des enfants. »

C’est comme 338. Relire donc les notes de 338.

459. « contribuant ainsi, par les bonnes relations »

Le sens de la réponse demande : « contribuant ainsi et par les bonnes relations ».

460. « choisissant pour eux une école appropriée »

Puisqu’il s’agit d’un catéchisme s’adressant d’abord et surtout à des catholiques ou à ceux qui veulent le devenir, il faudrait dire : « choisissant pour leurs enfants une école vraiment catholique ».

463. L’autorité « doit toujours s’exercer […] en respectant […] les lois »

Il faut évidemment préciser : en respectant “la loi divine et les lois humaines justes”.

464. « Quels sont les devoirs des citoyens […]. Cela comprend […] le droit et le devoir de voter »

Le devoir de voter est relatif : le Vatican et l’épiscopat italien l’ont montré en demandant de n’aller pas voter à un scrutin récent.

467. « la légitime défense […] ne doit pas comporter un usage de la violence plus grand que ce qui est nécessaire. »

Remplacer le mot « violence » par « force ».

469. « étant donné les possibilités dont l’État dispose pour réprimer le crime en rendant inoffensif le coupable »

Il faut voir la réalité telle qu’elle est : il n’est pas rare, hélas ! que le condamné, remis en liberté (souvent bien avant la fin de la peine à laquelle le tribunal l’a condamné), commette un autre crime.

469. « n’enlèvent pas définitivement pour le coupable, la possibilité de se racheter » [comme la peine de mort].

C’est très souvent que la peine de mort a été l’occasion pour le coupable de se racheter, à l’exemple du ‘bon larron’ qui s’est tellement bien racheté que Jésus lui a promis de le prendre au paradis rapidement.

470. « Le cinquième commandement interdit […] l’avortement direct […] ainsi que la coopération à cet acte, avec la peine d’excommunication »

Il faut, bien sûr, dire : « ainsi que la coopération à cet acte qui sont frappés de la peine d’excom­munication ».

482. « Que réclame la paix dans le monde ? »

La réponse est digne d’un bon et sage ambassadeur de Belgique à l’O.N.U. Mais comment un catéchisme catholique ne nous donne-t-il pas la réponse divine. Il suffit de la prendre dans la Parole de Dieu : Non est pax impiis, dicit Dominus : il n’y a pas de paix pour les impies, dit Dieu (Is. 48, 22) ; Quis resistit ei, et pacem habuit : Qui donc a résisté à Dieu, et a eu la paix (Job 9, 4) ?

De plus, la paix digne de ce nom, la paix solide et sérieuse, la sainte Écriture – contrairement à l’Abrégé – la nomme habituellement en la joignant à la vérité (4 R. 20, 19 ; Is. 39, 8), ou à la grâce (Rom. 1, 17). Et comment ne pas rappeler que Jésus est le “prince de la paix” (Is. 9, 6) ? et que la paix « réclame » la prière (en particulier à la “Reine de la paix”) ?

488. « Qu’est-ce que la chasteté ? La chasteté est une intégration réussie de la sexualité dans la personne. »

Ah ! comme on préférerait trouver ici un exposé traditionnel ; celui de Tanquerey, par exemple : “La chasteté a pour but de réprimer tout ce qu’il y a de désordonné dans les jouissances voluptueuses. Or, ces jouissances n’ont qu’une fin, perpétuer la race humaine en transmettant la vie par l’usage légitime du mariage. En dehors de là, toute volupté est strictement prohibée ».

511. « La vie sociale et économique […] doit avoir l’homme comme […] fin. »

“doit avoir le bien commun et l’homme comme fin”.

512. « S’opposent à la doctrine sociale de l’Église les systèmes économiques et sociaux qui sacrifient les droits primordiaux des personnes »

Il faudrait : “qui sacrifient la primauté du bien commun, ou les familles, ou les personnes ”.

512. « l’Église réfute les idéologies associées au cours de la période moderne au “communisme” ou aux autres formes athées et totalitaires de “socialisme”.

Pas seulement parce que « athées et totalitaires ». Car l’Église repousse « le communisme en tant que système social en vertu de la doctrine chrétienne », enseigne Pie XII (Noël 1955). Quant au socialisme, relisons l’encyclique Quadragesimo anno : « Qu’on le considère soit comme doctrine, soit comme fait historique, soit comme “action”, le socialisme, s’il demeure vraiment socialisme même après avoir concédé à la vérité et à la justice ce que Nous venons de dire, ne peut pas se concilier avec les principes de l’Église catholique, car sa conception de la société est on ne peut plus contraire à la vérité chrétienne. »

516. « Les dirigeants des entreprises […] sont tenus de considérer le bien des personnes »

Ils sont tenus de considérer le bien commun de la société, le bien commun de leur entreprise, et le bien des personnes.

517. « Le recours à la grève non violente est moralement légitime quand il se présente comme un élément nécessaire en vue d’un »

“est moralement légitime quand il est réellement le dernier et vraiment nécessaire recours en vue d’un”.

519. « Comment les chrétiens participent-ils à la vie politique et sociale ? […] en collaborant avec tous »

“en collaborant avec tous les hommes de bonne volonté, mais principalement avec leurs frères dans la foi” : maxime autem ad domesticos fidei (Gal. 6, 10).

page 204. « À la division des langues entre les peuples, la Pentecôte oppose le remède de l’unité des peuples. »

“de l’unité des peuples dans l’Église du Christ.”

556. « La louange est la forme de prière qui reconnaît le plus immédiatement que Dieu est Dieu. »

“La louange, ainsi que l’adoration, est la forme de”.

565. « La catéchèse, les groupes de prière, la “direction spirituelle” constituent une école et une aide à la prière. »

Ajoutons : “les retraites spirituelles”.

page 223 et suivantes. Il est dommage de maintenir la nouvelle traduction française du Pater (avec tutoiement, « aussi », et « ne nous soumets pas ») qui a été imposée au “Peuple de Dieu” contre son gré, et sans consultations des meilleurs spécialistes de la question. Voir ce qu’a dit et écrit l’un de ces grands spécialistes : Jean Carmignac.

585. « Prier le Notre Père, c’est prier avec et pour tous les hommes, afin qu’ils connaissent le seul vrai Dieu »

Supprimer « avec », car ceux qui ne connaissent pas le seul vrai Dieu ne disent pas le Notre Père.

Passim. L’Abrégé écrit toujours « Jésus Christ » au lieu de la graphie habituelle (et exigée par les dictionnaires) « Jésus-Christ ».

Il n’est pas opportun de suivre cette mode qui n’a que peu d’années ; car il faut savoir que certains écrivent « Jésus Christ », ou « Jésus, le Christ » au lieu de « Jésus-Christ » pour signifier et insinuer discrètement leur nouvel arianisme.

 

*****

 

Nous avons rédigé ces courtes notes au cours d’une première lecture de l’Abrégé. Il est bien à craindre qu’une deuxième lecture nous montre encore d’autres imprécisions, équivoques ou erreurs. Mais nous ne la ferons pas ; le manque de temps n’en est pas la seule cause : le cœur aussi nous y manque, car nous espérions trouver un Abrégé vraiment, parfaitement et entièrement catholique…

En terminant – et salvo meliore judicio – nous reprenons volontiers, pour l’Abrégé, ce que disait l’auteur de l’étude sur le CEC, mentionnée tout au début de nos pages :

« Nous l'avons dit au début et nous tenons à le redire : nous reconnaissons toutes les qualités de ce nouveau catéchisme, et elles sont nombreuses. Mais il faut reconnaître aussi que les défauts abondent [… et que] La règle "Bonum ex integra causa…" vaut certainement pour un catéchisme ».

Pour nous, reprenant les mots de saint Paul à Timothée, nous pouvons dire aussi : « le temps de ma mort approche », et nous voulons pouvoir dire, également avec lui, à l’heure de notre mort : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi ».

Formé et mandaté par l’Église catholique, nous avons veillé, pendant toutes nos nombreuses années d’enseignement, à transmettre l’intégral enseignement de la foi de l’Église romaine, tel qu’elle l’a donné au cours des siècles et tel qu’elle l’a appris à notre génération et aux générations des siècles précédents. Et c’est pourquoi nous parlons encore, au moins pour nos anciens et anciennes élèves ; mais aussi pour les Autorités romaines compétentes – si ces modestes notes leur parviennent grâce à quelque prêtre bien introduit à Rome –, les suppliant, et même leur demandant septante fois sept fois, et s’il le faut exigeant autant de fois – comme c’est le droit de tout “fidèle”– de rendre au "peuple de Dieu" un catéchisme contenant ni imprécisions, ni omissions, ni équivoques, ni erreurs, un catéchisme intégralement conforme en tous ses points à la doctrine constante de l’Église catholique, apostolique et romaine.

En attendant, nous garderons nos anciens catéchismes et nos anciens manuels et précis de doctrine catholique (Bartmann, Berthier, Boulanger, Ott, etc.)

 

Mater Ecclesiæ, ora pro nobis.