CRISE DANS L’ÉGLISE
Vous trouverez dans cette page l'article sur la Royauté sociale de Notre Seigneur
suivi d'une analyse du compendium où sont relevées des points qui demandent des commentaires de mise au point.
mise
aux oubliettes ?
Fidèle à l’orientation générale donnée par le livre de Jean
Ousset Pour qu’Il règne, l’AFS s’est toujours efforcée de défendre
A la requête qu’exprimait Jean Madiran : « Très saint Père,
rendez-nous l’Écriture, le catéchisme et la messe » [1], il
faudrait donc ajouter : « Très saint Père, rendez-nous le
Christ-Roi ».
Sur cette même question,
Dans le n°163 (janvier février 2005) de la revue Fideliter figure
un article de l’abbé Michel Beaumont, intitulé « Réfléchir en chrétien
sur la politique actuelle » et donnant un son de cloche assez différent
des documents précités. En voici un résumé ainsi que les réflexions qu’il
suggère.
LES IDÉES DE L’ABBÉ BEAUMONT
● Comment est présentée la doctrine de l’Église sur les
rapports Église -
État
L’abbé Beaumont insiste
sur trois points :
- Cette doctrine ne se situerait que dans l’optique d’une société
catholique :
Dans ces enseignements doctrinaux, même lorsqu’ils traitent de cas
limites (…), les papes se situent toujours dans l’optique d’une « société
catholique », qui doit prendre en compte des réalités religieuses
minoritaires. (p.21)
- Cette doctrine n’avait
rien de spécifique pour les États non catholiques :
A notre connaissance toutefois, jusqu’à Pie XII, il n’existe pas de
document doctrinal traitant des obligations religieuses d’un État non
catholique. (p.21)
- Cette doctrine ne se réfèrerait qu’à la conception classique de
l’État :
Lorsqu’ils adressent des enseignements doctrinaux à une « société
catholique », les papes se réfèrent en même temps à une « conception
classique » de l’autorité politique et de l’État. En gros, ils
parlent à une communauté politique où un dux (roi, président, premier
ministre, etc.) a la charge de mener le peuple vers un bien commun défini
par
des valeurs spirituelles, culturelles et matérielles proprement humaines.
(p.21)
● La mondialisation fait disparaître la possibilité même
d’une société majoritairement catholique et d’un État classique
Peut-il exister encore, en n’importe quel point de la terre, une société
majoritairement catholique ? La question n’est pas de fait, mais de
droit. Car la mondialisation semble faire de toute société, de tout État nation,
un simple territoire du « village global ». De ce fait, même un
pays qui comprendrait une majorité de catholiques verrait cette majorité
devenir automatiquement minorité dans le cadre du « pays-monde ».
(p.22)
- Quant à l’État classique, il disparaît lui aussi :
La dissolution du pouvoir politique, son éclatement entre de multiples
nouveaux centres de pouvoir, est une réalité qui ne cesse de s’affirmer.
(p.24)
● La doctrine classique des papes ne serait plus « possible »
Si, en vertu de l’actuelle mondialisation, tout pays, devenu un simple
territoire du « village global », se trouve inséré dans une entité
politique où les catholiques sont très nettement minoritaires, comment la
doctrine classique des papes demandant qu’un pays majoritairement catholique
reconnaisse le règne du Christ dans ses institutions politiques serait-elle
encore possible ? Dans cette hypothèse, nous assisterions à la
disparition radicale de la notion d’une « société majoritairement
catholique » et donc, par conséquent, du concept d’État catholique, au
sens où l’entendaient les papes. (p.23)
RÉFLEXIONS SUR LES IDÉES DE L’ABBÉ BEAUMONT
Il y a beaucoup de choses
vraies dans les constats de l’abbé Beaumont sur le phénomène de
mondialisation. En revanche, nous paraît défectueuse la manière dont il
considère la doctrine de l’Église sur les rapports Église - État.
● Une doctrine qui serait liée à des circonstances particulières
La doctrine de l’Église
serait faite pour une société majoritairement catholique et un État
classique.
Mais non ! Elle est faite pour tous les temps, pour tous les types
de sociétés, qu’elles soient catholiques ou non, pour tous les types de
pouvoirs politiques, qu’ils soient classiques ou « éclatés entre de
multiples nouveaux centres de pouvoir ».
Pour la doctrine qui nous intéresse ici, la chose a été
précisée par Pie XI dans ce passage de l’encyclique Quas primas instituant la fête
de
En cette matière (
Qu’elle soit ou non
applicable dans telle ou telle circonstance, la doctrine reste la doctrine ;
elle doit continuer à régner dans les esprits et être professée :
Le plus grand malheur pour un siècle ou un pays, disait Mgr Freppel,
c’est l’abandon ou l’amoindrissement de la vérité. On peut se relever de
tout le reste ; on ne se relève jamais du sacrifice des principes. Les
caractères peuvent fléchir à des moments donnés et les mœurs publiques
recevoir quelque atteinte du vice ou du mauvais exemple, mais rien n’est perdu
tant que les vraies doctrines restent debout dans leur intégrité. Avec elles,
tout se refait tôt ou tard, les hommes et les institutions, parce qu’on est
toujours capable de revenir au bien lorsqu’on n’a pas quitté le vrai. Ce
qui enlèverait jusqu’à l’espoir même du salut, ce serait la désertion
des principes, en dehors desquels il ne se peut rien édifier de solide et de
durable.
Aussi, le plus grand service qu’un homme puisse rendre à ses
semblables, aux époques de défaillance ou d’obscurcissement, c’est
d’affirmer la vérité sans crainte, alors même qu’on ne l’écouterait
pas ; car c’est un sillon de lumière qu’il ouvre à travers les
intelligences, et, si sa voix ne parvient pas à dominer les bruits du moment,
du moins sera-t-elle recueillie dans l’avenir comme la messagère du salut ».
[2]
La doctrine sur les rapports entre l’Église et l’État est, répétons-le,
faite pour tous les temps et pour tous les cas de figure. Il n’existe pas, il
ne peut pas exister une doctrine pour les États non catholiques à côté
d’une doctrine pour les États catholiques, pas plus qu’il n’existe une
doctrine du mariage pour les divorcés à côté d’une doctrine du mariage
pour les couples fidèles. Aussi, ne comprend-on pas la remarque de l’abbé
Beaumont :
(…) A notre connaissance toutefois, jusqu’à Pie XII, il n’existe
pas de document doctrinal traitant des obligations religieuses d’un État non
catholique.
Si la doctrine ne change pas, ses conditions d’application changent. Et
c’est là que peut intervenir un « éclairage magistériel ». [3]
Pour la doctrine sur les rapports entre l’Église et l’État, un tel éclairage,
depuis quarante ans, est soit inexistant soit défaillant
.[4]
L’abbé Beaumont
a pleinement
raison de souligner
ce point. [5]
●
Un raisonnement du type thèse-hypothèse
On se rappelle
l’argumentation utilisée par Mgr Dupanloup, en 1864, pour escamoter la
doctrine anti-libérale affichée dans l’encyclique Quanta Cura et le
Syllabus du bienheureux Pie IX.
La doctrine (appelée thèse) est considérée comme magnifique mais
inapplicable ; on la couvrira de louanges avant de l’oublier et de
s’intéresser (sans éclairage doctrinal) à la situation présente qualifiée
d’hypothèse. [6]
En suggérant que la doctrine de l’Église serait liée à telle ou
telle circonstance (société majoritairement catholique, État de type
classique), l’abbé Beaumont se rapproche de la position libérale de Mgr
Dupanloup avec sa formule thèse-hypothèse.
Dans les circonstances
actuelles, l’existence d’une société majoritairement catholique devient
humainement de plus en plus improbable.
Mais les circonstances peuvent changer. Le retour de sociétés
majoritairement catholiques et d’États catholiques est ainsi annoncé dans le
message de
Tout à coup, les persécuteurs de l’Église
de Jésus-Christ et tous les hommes adonnés au péché périront et la terre
deviendra comme un désert. Alors se fera la paix, la réconciliation de Dieu
avec les hommes ; Jésus-Christ sera servi, adoré et glorifié ; la
charité fleurira partout. Les nouveaux rois seront le bras droit de la sainte Église, qui sera forte, humble, pieuse, pauvre, zélée et imitatrice des vertus
de Jésus-Christ. L’Évangile
sera prêché partout, et les hommes feront de grands progrès dans la foi,
parce qu’il y aura unité parmi les ouvriers de Jésus-Christ et que les
hommes vivront dans la crainte de Dieu. [7]
Texte à rapprocher de ce passage de la deuxième partie du secret de
Fatima :
A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera
*
En conclusion, prenons au sérieux le diagnostic de saint Pie X au
sujet de
Le salut de
Et restons fidèles à la doctrine de
Il y a une grâce attachée à la confession pleine et entière de la vérité.
Cette confession, nous dit l’Apôtre, est le salut de ceux qui la font et
l’expérience démontre qu’elle est aussi le salut de ceux qui
l’entendent. [10]
Arnaud de Lassus
Textes de saint Jean Chrysostome
sur la conversion des Juifs à la fin du monde
Interrogeons les Juifs, et
demandons-leur si Jésus-Christ ne leur a pas envoyé des prophètes et des
sages ? S’ils ne les ont
pas tués dans leurs synagogues ? Si leurs maisons et leurs villes
n’ont pas été entièrement ruinées ;
et si tous les maux que le Sauveur leur a prédits ne leur sont pas
arrivés ? Nul d’entre eux
ne le niera. Comme donc jusqu’ici toutes ces prédictions ont été vérifiées
peut-on douter que le reste n’arrive de même, que les Juifs ne
reconnaissent un jour que Jésus-Christ est le vrai Dieu, et qu’ils
ne soient forcés de se soumettre à sa souveraine puissance ? Mais ces
respects forcés, et ces hommages contraints ne leur serviront de rien, pas
plus que leurs regrets et leurs
larmes autrefois ne purent empêcher que leur ville ne fût détruite.
Commentaire
sur saint Matthieu, Homélie
74
Peut-être certains hommes oseront prétendre que le crucifié n’est
pas le Christ qui est attendu, qu’un autre que lui viendra : mais saint
Paul nous dit que le Christ d’hier et d’aujourd’hui est le même pour
tous les siècles ; c’est déclarer évidemment que le Messie déjà
venu, viendra de nouveau, que le même était, est et sera dans l’éternité.
A l’heure même où nous sommes, les juifs prétendent qu’un autre
viendra, et comme ils se sont eux-mêmes privés du Christ véritable, ils
tomberont dans les filets de l’antéchrist.
Commentaire
sur l’épître aux Hébreux, Homélie,
33, 2
.
[1] Itinéraires, juillet-octobre 1988.
[2] Mgr
Freppel, cité par Jean Ousset, L’action, p.213.
[3] Expression de l’abbé Beaumont.
[4] L’ « éclairage
magistériel » est défaillant parce qu’une doctrine nouvelle (non
compatible avec la doctrine traditionnelle) a été introduite par
On pourra se reporter par ailleurs à l’article Emile Poulat et
la laïcité du n°175 (octobre 2004) de l’AFS. Y étaient commentés
les prises de position de cet auteur (et à sa suite de l’abbé Guillaume
de Tanouärn) en faveur de la loi de 1905, loi qui posait clairement le
principe de la séparation de l’Église
et de l’État.
[5] On pourrait remarquer que, sur d’autres questions importantes, l’éclairage magistériel n’existe pas non plus ; il fait défaut, depuis plus de deux siècles, sur la doctrine de l’Église sur l’argent.
[6] L’argumentation
thèse-hypothèse est ainsi présentée par l’abbé A. Roussel dans son
livre Libéralisme et catholicisme, p.96 : « Le
« Catholique-libéral », lui, sépare la fin et les moyens, la
théorie et la pratique ; pis encore, il les oppose jusqu’à les
rendre incompatibles. Pour lui, la « thèse » c’est l’ «idéal »
impossible, l’absolu chimérique, l’abstrait irréel ; l’ »hypothèse »
c’est le « possible », le concret, le réel (…). Il ne veut
pas voir qu’entre l’oubli de la thèse et sa réalisation immédiate et
complète il y a le milieu, « juste » cette fois, qui consiste
à la vouloir sans cesse et à la réaliser le plus possible dans les
circonstances données. Au lieu de voir d’abord la « thèse »,
c’est-à-dire la fin à vouloir et les règles générales et particulières
de son application que fournit la théorie, pour ensuite l’affirmer
franchement et la réaliser prudemment, il s’enferme dans la complexité
obscure des cas individuels et, hypnotisé par les difficultés pratiques de
l’ « hypo-thèse », il en vient à minimiser ou même à
dissimuler la « thèse » : ainsi ce n’est plus la théorie qui
règle la pratique, c’est la pratique qui mesure la théorie ».
[7] Le
texte du message de
[8]
Cf. la brochure AFS Un éclair dans le ciel, Fatima, p. 38.
[9] Saint Pie X, lettre à l’abbé Debout, 8 mai 1906.
[10] Dom Guéranger,
Le sens chrétien de l’histoire, p.53 (Edit. Plon).
POUR
UN MEILLEUR
ABRÉGÉ DU
CATÉCHISME DE
L’ÉGLISE CATHOLIQUE
Quelques mois après la parution du "Catéchisme
de l’Église catholique" (CEC), un auteur rédigeait une étude en français,
qui a circulé en Belgique et en France, et a été traduite en anglais ;
elle est intitulée : Pour un
meilleur catéchisme.
Après avoir rappelé les qualités indéniables de
ce nouveau catéchisme, l’auteur dressait une liste impressionnante de
passages défectueux (plus de 300 numéros cités), et proposait des
corrections "pour un meilleur catéchisme".
Nous savons que cette étude a été envoyée –
et probablement d’autres du même genre –, à l’Autorité compétente à
Rome. En réponse, la Commission a dit qu’elle appréciait hautement cette démarche,
et qu’elle adressait ses remerciements à l’auteur. Mais, malheureusement,
dans l’édition définitive du CEC
parue en français en 1998, nous ne voyons pas qu’il ait été tenu compte
des graves défauts signalés dans cette étude.
En août 2005 est parue l’édition en français
de l’Abrégé du Catéchisme de l’Église
catholique (en Belgique, chez Fidélité,
à Namur).
Ayant assuré "le cours de religion"
pendant très longtemps et dans toutes les classes, il se trouve que, parmi
nos anciens et anciennes élèves, celles et ceux qui ont lu cet Abrégé sont très étonnés, voire scandalisés, de ne pas y
retrouver partout la doctrine traditionnelle de l’Église catholique
romaine. C’est donc pour leur répondre que les présentes notes sont rédigées
après une première lecture du texte français de l’Abrégé,
sans donner de longues explications, car nous savons bien quelles sont leurs
connaissances.
Si cette modeste étude est lue en dehors de la
Belgique, nous prions les lecteurs francophones d’excuser les belgicismes,
s’ils en trouvent.
Au début des paragraphes, le nombre en gras est le
numéro de l’une des 598 questions de l’Abrégé,
sauf quand il est indiqué qu’il s’agit d’une page.
*****
2. « Par nature et par vocation, l’homme est
[…] capable d’entrer en communion avec Dieu. Ce lien intime »
Par « nature » il n’est capable que
de relation avec Dieu comme son Créateur ; par « vocation »
baptismale et par la grâce il est capable de communion avec Dieu, comme son Père.
Et ce lien n’est « intime » que par la grâce.
18. « la Sainte Écriture […] enseigne sans
erreur les vérités qui sont nécessaires à notre salut. »
Oui, mais pas seulement ces vérités-là :
puisque Dieu est l’auteur principal de toute la Bible, il s’ensuit que
toute la sainte Écriture, étant divinement inspirée, est exempte de toute
erreur, « et quiconque le nierait, serait hérétique », dit saint
Thomas d’Aquin.
28. « Quelles sont les caractéristiques de la
Foi ? […] elle grandit en
permanence ».
Hélas, pas toujours ; et on peut même la
perdre.
45. « Symbole de Nicée-Constantinople. […] de
même nature que le Père »
Cette formule, chère aux ariens, n’est pas la véritable
traduction du texte grec ni du texte latin. Il faut : consubstantiel au Père ;
comme cela est dit en 87 et 88.
47. « par le don éternel que le Père fait de
lui au Fils »
Certains vont penser que « lui » désigne
ici le Père ; d’autres penseront que ce mot désigne ici le
Saint-Esprit. Il faut rédiger autrement pour éviter l’équivoque.
48. « parce que chacune d’elles est identique
à la plénitude de l’unique et indivisible nature divine. »
Ici encore le mot « nature » n’est
pas suffisant. Il faudrait : nature et substance.
49. « Inséparables dans leur unique nature »
Même remarque qu’en 48.
66. « L’homme […] est la seule créature que
Dieu a voulue pour elle-même »
Ce n’est pas ce qu’enseigne saint Paul en Rom.
XI, 36, et Col. I, 16 : tout a été créé pour Dieu.
66. L’homme est « capable […] d’entrer en
communion avec Dieu »
De lui même : non ; avec la grâce
sanctifiante : oui.
71. « pour une communion de personnes »
Le philosophe Marcel de Corte a bien montré que la
communion des personnes n’est pas possible au plan naturel ; mais elle
est possible pour les membres de l’Église, puisque la même grâce
sanctifiante et la même vie divine sont personnelles à chaque baptisé (en
état de grâce).
96. « Que signifie l’“Immaculée
Conception” ? […] Marie a été préservée du péché originel dès
sa conception. »
La définition infaillible de ce dogme est plus
exacte et très précise ; elle dit : « dès le premier
instant de sa conception ».
113. « Certains chefs d’Israël […] le livrèrent
à Pilate afin qu’il fût condamné à mort. »
On ne peut cacher la vérité évangélique :
c’est d’abord le grand prêtre et les membres du sanhédrin qui ont
condamné eux-mêmes le Christ à mort ; et la foule qui était présente
devant Pilate a ratifié le jugement de ses chefs en criant plusieurs fois
« Crucifie-le ! », pour faire céder Pilate qui, voyant son
innocence, voulait le relâcher.
116. « la tragique incompréhension du Sanhédrin »
Le Christ, étant Dieu, a agit parfaitement en
toute circonstance. Il a donc donné à ses auditeurs toutes les preuves nécessaires
et suffisantes de sa divinité, à laquelle il leur demandait de croire.
C’est pourquoi il ne parle pas de leur « incompréhension »,
mais, plusieurs fois, de leur péché ; il a même précisé qu’ils
n’avaient pas d’excuse à leur péché.
117. « Qui est responsable de la mort de Jésus ?
La passion et la mort de Jésus ne peuvent être imputées indistinctement ni
à tous les Juifs alors vivants, ni aux Juifs venus ensuite […] tout homme
est réellement la cause et l’instrument des souffrances du Rédempteur. »
Saint Pierre dit, le jour de la Pentecôte :
« Hommes d’Israël, écoutez ces paroles : Jésus de Nazareth
[…] que vous avez fait mourir en le crucifiant par la main des impies » ;
et il déclare au Sanhédrin : « Jésus-Christ de Nazareth que
vous, vous avez crucifié ». Donc :
– Historiquement :
·
la
cause efficiente = parmi les Juifs d’alors, tous ceux qui par jalousie et
par haine l’ont condamné à mort ; et ceux qui ont forcé Pilate à
l’envoyer à la mort.
·
la
cause instrumentale = les soldats romains.
– théologiquement : tout homme est plus ou
moins responsable selon ses péchés.
127. « Quels “signes” attestent la Résurrection
de Jésus ? […] le signe essentiel que constitue le tombeau vide »
Il faudrait ajouter : et les linges restés
dans le tombeau, et leur disposition.
144. « à la Pentecôte […] la Trinité est
pleinement révélée. »
Elle est déjà révélée clairement dans l’Évangile
avant la Pentecôte.
146. « Comment agissent le Christ et son esprit »
Il faut : et son Esprit.
147
à 159. Toutes ces réponses – qui sont les premières
du chapitre : « Je crois à la sainte Église catholique »
– sont satisfaisantes au regard de la théologie protestante.
147. « Que signifie le mot Église ? Il désigne le peuple que Dieu convoque et rassemble
[…] pour constituer l’assemblée de ceux qui »
Rien sur la hiérarchie. Or le Christ a d’abord
institué la hiérarchie en la personne de Pierre et des autres apôtres, et
c’est par cette hiérarchie, qui est première, qu’est convoqué le peuple
que Dieu rassemble.
152. L’Église « est signe et instrument […]
de l’unité de tout le genre humain. »
L’Église catholique n’a pas le rôle de
l’O.N.U. Le Christ ne l’a pas fondée pour unir le genre humain, ou pour
qu’elle soit l’animatrice de la démocratie universelle, chère aux
francs-maçons. Il la fondée pour qu’elle conduise le plus possible
d’hommes au Ciel.
153. « en un seul peuple, rassemblé dans
l’unité du Père, du Fils et de l’Esprit Saint. »
Une fois de plus la hiérarchie est absente. Il
faudrait : rassemblé par la hiérarchie dans l’unité etc. Car c’est
par la hiérarchie, qu’il a fondée en premier, que le Christ constitue un
peuple et le rassemble.
154. « Ce peuple […] a pour condition la dignité et la liberté des fils de Dieu »
Qu’est-ce à dire ?
155. « Le peuple de Dieu prend part à la
fonction sacerdotale du Christ parce
que les baptisés sont consacrés »
Il n’y a rien dans ce paragraphe sur la fonction
sacerdotale par excellence, celle du sacerdoce des prêtres.
159. « le Saint-Esprit réside dans le corps qui
est l’Église, dans sa Tête et dans ses membres »
Il n’est rien dit de la hiérarchie. Or le
Saint-Esprit réside dans la hiérarchie catholique pour qu’elle enseigne,
sanctifie et commande ; il réside dans les autres membres de l’Église
catholique pour qu’ils soient dociles à cette triple action de la hiérarchie.
161. « L’Église est une, parce qu’elle »
Pour ne pas encourager les équivoques actuelles en
ce domaine, il faut dire : L’Église romaine est une, parce
qu’elle…
161. « Elle a une seule foi, une seule vie
sacramentelle, une seule succession apostolique »
Manque ici : un seul chef visible, le Pape.
162. « l’unique Église du Christ subsiste (subsistit
in) dans l’Église catholique »
On connaît les erreurs et les équivoques nées de
l’usage de cette formule récente. L’Église catholique a toujours enseigné
– et sa Tradition est unanime sur cette vérité – que l’unique Église
du Christ est (est) l’Église
catholique apostolique et romaine ; et elle seule.
163. « les Églises et communautés ecclésiales,
qui se sont séparées de la pleine communion de l’Église catholique […] Les membres de ces Églises et communautés sont incorporés au
Christ par le baptême »
Ce n’est pas ainsi qu’enseigne et parle la
Tradition catholique. Ainsi, et entre autres, Léon XII : « Ils
se flattent faussement d'une prétendue communion avec le Siège apostolique
[…] Comprenez et rappelez-vous bien […] qu'ils appartiennent à l'Antéchrist,
non au Christ, tous ceux qui refusent de s'associer à la communion de la
Chaire de Pierre (Exhort. Pastoralis aeterni).
165.
« En quel sens l’Église est-elle sainte ?
L’Église est sainte parce que »
Pour ne pas encourager les équivoques actuelles en
ce domaine, il faut dire : En quel sens l’Église romaine est-elle
sainte ? L’Église romaine est sainte, parce qu’elle…
166. « Pourquoi l’Église est-elle appelée catholique ?
L’Église est catholique, c'est-à-dire »
Pour les mêmes raisons il faut dire chaque fois :
L’Église romaine.
168. « Qui fait partie de l’Église catholique ?
Tous les hommes, sous diverses formes, appartiennent ou sont ordonnés à
l’unité catholique du Peuple de Dieu. »
Tous les hommes ? Même ceux qui
volontairement et consciemment rejettent le Christ (par exemple chez les juifs
ou les musulmans) ? ou rejettent son Église, qui est l’Église
catholique romaine (comme nombre d’hérétiques et de schismatiques) ?
168. Les baptisés qui ne réalisent pas pleinement
cette unité catholique sont dans une certaine communion, bien
qu’imparfaite, avec l’Église catholique. »
Une unité qui n’est pas pleine, n’est pas une
unité. Et que signifie réellement une certaine communion imparfaite ?
On pourrait multiplier ici les citations des Pères,
des docteurs, et des papes. Une seule suffit, celle d’un Père et Docteur de
l’Église : « En beaucoup de
points ils sont avec moi, en quelques-uns seulement ils ne sont pas avec moi ;
mais à cause de ces quelques points dans lesquels ils se séparent de moi, il
ne leur sert de rien d'être avec moi en tout le reste (Saint Augustin, in
Psalm. LIV, n. 19 ) ».
169.
« À la différence des autres religions non chrétiennes, la foi juive
est déjà une réponse à la Révélation du Dieu de l’ancienne Alliance. »
Elle était la réponse à la Révélation divine
d’avant le Christ. Elle ne l’est plus depuis la venue du Christ ; et
déjà le Christ reprochait à ses auditeurs d’avoir trahi la foi
d’Abraham et de Moïse : leur judaïsme n’était plus celui de leur
fondateur ; et le judaïsme d’aujourd’hui est surtout talmudique,
s’écartant davantage encore de celui des Patriarches et des Prophètes, et
il rejette la Révélation du Christ.
170. Pour éviter les équivoques et les erreurs
actuelles sur l’Église, il faut, dans la question et la réponse, ajouter
chaque fois au mot ‘Église’ : ‘catholique romaine’.
De plus, suivre « leur conscience » ne
suffit pas pour qu’ils soient sauvés. L’Église enseigne qu’il doivent
en plus avoir la foi surnaturelle et la charité parfaite (cf. Dumeige, La foi catholique, n° 508).
174. « Pourquoi l’Église est-elle apostolique ? L’Église est apostolique par »
Là encore, il faut deux fois : l’Église
romaine.
174. « les évêques en communion avec le successeur
de Pierre. »
S’agit-il d’une communion parfaite ou d’une
‘communion imparfaite’ ?
176. « La succession apostolique est la
transmission […] de l’autorité des apôtres à leurs successeurs, les évêques. »
Il faut dire : à leurs légitimes
successeurs, les évêques catholiques romains.
177. le titre est : « Les fidèles : hiérarchie, laïcs, vie consacrée »
Que gagne-t-on a bouleverser les notions ?
Traditionnellement on dit que la hiérarchie ne fait pas partie des fidèles,
mais des baptisés.
179. « Pourquoi le Christ a-t-il institué la hiérarchie
ecclésiastique ? »
Comment peut-on passer sous silence que cette hiérarchie
a été instituée (en la personne des apôtres d’abord) pour fonder et développer
l’Église du Christ ?
180. « Tout évêque exerce son ministère […]
en communion avec le Pape »
Il faut dire : en communion avec le Pape et
sous son autorité. Comme cela est dit, à la fin du paragraphe, pour les prêtres :
« en communion avec l’évêque et sous son autorité. »
182. « Le Pape, évêque de Rome et successeur de
saint Pierre, est »
Il serait plus exact de dire : “L’évêque
de Rome et successeur de saint Pierre, le Pape, est” ; car il est pape
parce qu’il a été choisi comme évêque de Rome.
182. « Le Pape […] Tête du Collège des évêques »
Un collège est un groupement constitué de membres
égaux; or le pape n’est pas seulement un primus
inter pares : il a puissance et autorité immédiate sur tous et
chacun des évêques. Il faut donc dire : Chef du Corps des évêques.
182,
183. Le pape a sur l’Église « un pouvoir plénier,
suprême, immédiat et universel. » « Le Collège des évêques,
en communion avec le Pape et jamais sans lui, exerce aussi sur l’Église un
pouvoir suprême et plénier. »
Un pouvoir qui est « suprême et plénier »
ne peut pas avoir deux titulaires. De plus, comme précédemment, il ne suffit
pas de dire « en communion avec lui et jamais sans lui » ; il
faut dire « sous son autorité ».
184. « En communion avec le Pape, les évêques
ont »
Ici encore, il ne suffit pas de dire « en
communion avec » le pape ; il faut ajouter : “et sous son
autorité”.
185. « Quand s’exerce l’infaillibilité du
Magistère ? […] quand le Souverain Pontife, en vertu de son autorité
de suprême Pasteur de l’Église »
La définition conciliaire de l’infaillibilité
du Pontife romain dit : “Pasteur et Docteur de tous les chrétiens”.
185. « Quand s’exerce l’infaillibilité du
Magistère ? […] quand le Collège des évêques en communion avec le
Pape, surtout lorsqu’ils sont rassemblés en concile œcuménique déclarent
[…] ou encore quand le Pape et les évêques, dans leur Magistère
ordinaire, sont unanimes à déclarer […]
Il y aurait donc infaillibilité du Magistère, en
plus du cas du pape seul :
1°/ dans le collège des évêques
2°/ dans le collège des évêques rassemblés en
concile œcuménique
3°/ dans leur Magistère ordinaire.
Ce
qui est vrai c’est que le Pape peut définir infailliblement une doctrine
relative à la foi ou à la morale, soit en le faisant seul, soit en le
faisant lors d’un concile œcuménique. Et lorsque les évêques ne sont pas
rassemblés en un tel concile, ils ne peuvent avoir qu’un magistère
ordinaire. De plus, pour qu’il y ait infaillibilité du Magistère ordinaire
(pontifical ou épiscopal), il est « requis
que la vérité enseignée soit proposée comme ayant été définie
précédemment, ou comme ayant toujours
été crue ou admise dans l'Église, ou comme étant attestée, par le consentement
unanime et constant des théologiens, comme vérité catholique. » (Dictionnaire de Théologie Catholique, art. Infaillibilité, col. 1705)
185. « dans leur Magistère ordinaire »
Il ne peut y avoir infaillibilité simplement parce
que c’est le magistère ordinaire de la hiérarchie à telle époque, car
alors, au temps de l’arianisme, cette hérésie, enseignée (de gré ou par
crainte) par la hiérarchie de l’époque serait une vérité infaillible !
De même pour un pape seul : ainsi le pape Jean XXII a enseigné
plusieurs fois cette erreur que les âmes des saints défunts n’ont pas la
vision béatifique de Dieu avant la résurrection des corps, et que ni les
damnés ni les démons n’habitent actuellement en enfer (et de plus sa rétraction,
obtenue sur son lit de mort, est ambiguë). C’était son magistère
ordinaire sur cette question, mais ce n’était pas le magistère ordinaire,
universel et constant de l’Église auquel ses contemporains auraient dû adhérer
comme infaillible. De même encore, le pape Paul VI a enseigné plusieurs fois
que la Sainte Vierge est morte ; c’est son magistère ordinaire sur
cette question, mais l’on n’est pas tenu de croire comme infaillible cet
enseignement, car il n’est ni universel ni constant dans l’Église :
cet enseignement de Paul VI reste une libre opinion.
C’est pourquoi l’Église enseigne qu’il
s’agit du Magistère ordinaire, universel et constant. Ce que ne dit pas ce
paragraphe 185.
Il ne dit pas non plus que l’une des conditions
de l’infaillibilité, c’est que la pape manifeste sa volonté de nous
obliger sous peine pour nous de perdre la foi catholique.
196. « Jésus l’a donnée comme mère à son
disciple »
C’est exact, mais il faudrait ajouter : et
à nous.
197. « ils l’invoquent sous les titres […] de
médiatrice. »
De “médiatrice de toutes les grâces”, comme
dit la fête liturgique célébrée à différentes dates selon les églises.
198. « Quel type de culte convient-il à la
Sainte Vierge ? C’est un culte particulier, mais qui diffère
essentiellement du culte d’adoration »
Il serait plus exact de dire : “C’est le
culte le plus haut qui soit, mais qui diffère essentiellement” etc.
204. « “ceux qui font le mal ressuscitant pour
être jugés” (Jn 5, 29) »
Habituellement, les Bibles en français traduisent :
“ressuscitant pour la damnation”, ou “pour être condamnés”.
212. « La peine principale de l’enfer est la séparation
éternelle de Dieu. […] Le Christ exprime cette réalité par ces mots :
“Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel” »
Cette phrase de saint Matthieu, et bien d’autres
endroits de l’Évangile, n’expriment pas seulement « cette réalité »,
c'est-à-dire « la peine principale » qui est la « séparation
éternelle de Dieu », mais aussi une autre peine : le feu éternel.
218. « Qu’est-ce que la liturgie ? »
On est très étonné de ne pas trouver dans la
longue réponse (six lignes), ni la mention de la “louange de Dieu”, ni
celle de la “gloire de Dieu”.
236. « La célébration liturgique est composée
de signes et de symboles, dont »
Elle est composée aussi de paroles et d’actions.
248. « Quel est le critère qui garantit l’unité
dans cette pluralité [des différentes traditions liturgiques] ? […]
L’Église est catholique : elle peut donc intégrer dans son unité
toutes les véritables richesses des différentes cultures. »
Quand on connaît les abus, dérives et erreurs
engendrés dans le monde par “l’inculturation” de la liturgie depuis de
nombreuses années, on devrait plutôt trouver ici : “toutes les véritables
richesses des différentes traditions liturgiques”.
256. « Quel est le rite essentiel du baptême ?
[…] consiste à […] en prononçant l’invocation : au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. »
Il faut : “en prononçant la formule
baptismale : Je te baptise au nom
du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.”
262. « Quant aux petits enfants morts sans le
baptême, l’Église dans sa liturgie les confie à la miséricorde de Dieu. »
C’est faire silence sur la doctrine commune des
limbes. Et c’est ne pas dire ce que la Congrégation pour la Doctrine de la
Foi rappelait le 20 octobre 1980, dans
l’Instruction Pastoralis actio :
l'Église « ne connaît pas d'autres moyens […] pour assurer aux
enfants l'entrée dans la béatitude éternelle » que le baptême.
277. « la liturgie eucharistique, qui comprend la
présentation du pain et du vin »
L’offertoire de la Messe n’est pas une simple
« présentation » du pain et du vin.
293. « Quand est-il possible d’administrer la
communion à d’autres chrétiens ? »
L’Église a toujours répondu ainsi à cette
question : il n’est jamais permis de donner la sainte communion à ceux
qui ne sont pas catholiques, car ce serait une communicatio
in sacris interdite de droit divin. Cette doctrine et cette pratique ont
toujours été celle de l’Église catholique jusqu’à l’œcuménisme
pratiqué depuis Vatican II ; doctrine et pratique constantes, sanctionnées
ainsi dans le Code de droit canonique préparé par saint Pie X :
« Il est interdit d’administrer les sacrements de l’Église aux hérétiques et aux schismatiques,
même s’ils errent de bonne foi et
les demandent, s’ils ne se sont pas d’abord réconciliés avec l’Église
après avoir rejeté leurs erreurs » (can. 731, § 2).
Une exception était admise par certains auteurs
– et encore à certaines conditions et en cas de danger de mort en état de
péché mortel, mais jamais pour la communion –, pour la pénitence (et sous
condition car il y a doute sur sa validité dans ce cas), et de même pour
l’extrême onction (si le malade étant privé de connaissance ne pouvait
pas se confesser).
L’Abrégé,
en permettant d’administrer la communion à des chrétiens qui ne sont pas
catholiques, rompt gravement avec la doctrine, la pratique et la Tradition de
l’Église.
Il aurait bien mieux fait de dire au moins comme
Vatican II (décret sur les Églises orientales) : « La communicatio in sacris qui porte atteinte à l’unité de l’Église,
ou bien comporte une adhésion formelle à l’erreur, un danger d’égarement
dans la foi, de scandale ou d’indifférentisme, est interdite
par la loi divine ».
En effet, ce n’est pas seulement une question de
discipline, mais d’abord une question de dogme et de foi.
294. « nous unissant […] à l’Église du
ciel, à la bienheureuse Vierge Marie et à tous les saints. »
Il ne faut pas oublier ces autres habitants du Ciel
que sont les saints anges.
300. « La pénitence implique […] ferme propos
de ne plus pécher à l’avenir »
Il faut ajouter : “et de réparer le dommage
causé par le péché”.
326. « L’ordination épiscopale […] fait de
l’évêque le successeur légitime des apôtres »
Il faut : “fait de l’évêque, s’il a le
"mandat pontifical" pour être ordonné, le légitime successeur des
apôtres”.
327. « L’évêque, auquel est confié une Église
particulière, est le principe visible et »
Il faut dire : “auquel est confié par le
pape une Église particulière”, car c’est du pape qu’il reçoit la
juridiction sur cette Église.
338. « Pour quelles fins Dieu a-t-il institué le
mariage ? L’union matrimoniale […] est ordonnée par nature à la
communion et au bien des conjoints, à la génération et à l’éducation
des enfants. »
Ce n’est pas ainsi que parle la Tradition
catholique, et au moins depuis saint Augustin, en présentant toujours les
fins du mariage selon leur ordre d’importance, et distinguant entre fin
primaire et fins secondaires. L’Abrégé
aurait dû au moins faire comme Vatican II (Gaudium
et Spes, n° 50, 1) qui commence par dire : « Le mariage
et l’amour conjugal sont d’eux-mêmes ordonnés à la procréation et à
l’éducation », puis ajoute, vers la fin du paragraphe, la mention :
« autres fins du mariage » ; et termine en disant aux époux
qu’ils doivent être « disponibles pour coopérer courageusement à
l’amour du Créateur et du Sauveur qui, par eux, veut sans cesse agrandir et
enrichir sa propre famille ».
Car il s’agit bien de cela dans le dessein de
Dieu : Il veut donner la béatitude céleste à une multitude d’anges
(ce qui est c’est fait) et d’hommes. Et pour peupler d’hommes le Ciel,
il faut d’abord que la terre en soit peuplée : d’où
l’institution, par Dieu, du mariage et le but premier de celui-ci.
C’est pourquoi la Tradition catholique a toujours
dit explicitement et très clairement – ce que ne fait pas l’Abrégé – que :
·
la
“fin primaire”, c'est-à-dire première et principale, est la procréation
et l’éducation des enfants ;
·
les
“fins secondaires” (ce qui ne veut pas dire sans importance) sont le
secours mutuel des époux, et le remède à la concupiscence ;
·
et
que ces fins secondaires sont « essentiellement subordonnées à la fin
primaire (Denz.-Bann. 2295) »,
et que « cela vaut pour tout mariage, même infécond » (Pie XII).
Sur le mariage, l’Abrégé
a donc adopté la nouvelle doctrine que l’on trouve dans le nouveau Code de
droit canonique. Mais, comme Le "Code
de droit canonique annoté" (publié en France par Cerf/Tardy, I989)
l’avoue lui-même p. 564 : « C'est un changement très
profond à la doctrine maintenue jusqu'au concile Vatican II ».
Personne, ni aucune assemblée,
n’a autorité pour opérer « un changement très profond à la
doctrine » enseignée par toute la Tradition « jusqu’au concile
Vatican II ».
341. « le mariage […] sacrement, qui est le
signe de son amour sponsal pour l’Église : “Vous, les hommes, aimez
votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Église” (Ep 5,
25). »
L’Abrégé
nous cache une partie de l’enseignement de saint Paul dans le même
chapitre, juste avant : « Que
les femmes soient soumises à leurs maris comme au Seigneur : en effet,
le mari est le chef de sa femme, comme le Christ est le chef de l'Église, lui
le sauveur du Corps ; or l'Église se soumet au Christ ; les femmes
doivent donc, et de la même manière, se soumettre en tout à leurs maris (Éph.
5, 22-24) ». Et il en est de même dans l’enseignement de saint Pierre
(1 P. 3, 1) : « femmes, soyez soumises à vos maris » ;
et encore avec saint Paul (Col. 3, 18) : « Femmes, soyez soumises
à vos maris, comme il se doit dans le Seigneur ».
344. « Qu’est-ce que le consentement
matrimonial ? Le consentement matrimonial est […] dans le but de vivre
une alliance d’amour fidèle et fécond. »
Et si l’amour n’existe pas au départ ?
comme dans les "mariages de raison", n’y aura-t-il pas consentement
valide et « véritable mariage » ?
345. « Qu’est-il exigé quand l’un des époux
n’est pas catholique ? […] que la partie catholique accepte les
engagements, connus aussi de l’autre conjoint, de »
Quand on connaît les engagements d’un autre,
cela ne veut pas dire qu’on s’engage à les suivre soi-même.
Jusqu’avant les dérives de l’œcuménisme
moderne, l’Église a toujours exigé que le conjoint qui n’est pas
catholique s’engage par écrit à respecter la foi catholique de l’autre
conjoint, et à ce que les enfants soient baptisés dans le seul rite
catholique et éduqués catholiquement.
page
144. Longue citation de Nicolas Cabasilas.
Dans un catéchisme catholique on préférerait
trouver une citation d’un auteur catholique. Il n’en manque pas d’au
moins aussi savant et pieux que Nicolas Cabasilas, qui fut évêque dans l’Église
grecque séparée de Rome, et dont le Dictionnaire de Théologie Catholique,
dans l’article qu’il lui consacre (t. 2, col. 1292), dit : « Cabasilas
n’eut pas les sentiments d’un catholique romain ».
page
147. Le titre de la section est : « La
vocation de l’homme : la vie dans l’Esprit »
La vie dans l’Esprit est la vocation du chrétien.
358. « Dotée d’une âme spirituelle et
immortelle, d’intelligence et de volonté libre, la personne humaine est
ordonnée à Dieu et appelée, en son âme et en son corps, à la béatitude
éternelle. »
Sauf la Sainte Vierge (parce que préservée du péché
originel), toutes les personnes humaines sont, de fait, désordonnées à Dieu
par le péché originel, et rejetée du Ciel tant que ce péché ne leur est
pas enlevé.
après
358 qui demande : « Quel est le fondement
de la dignité de l’homme ? », il faudrait trouver – mais elle
n’y est pas – la question : “Quel est le fondement de la dignité
du chrétien” ; et cela d’autant plus qu’entre 357
et 358 on a encadré la citation de
saint Léon le Grand : « Chrétien, reconnaît ta dignité. »,
sans explications.
359. « la grâce du Christ, qui le [l’homme]
rend participant de sa vie divine. »
Il s’agit donc ici de la grâce sanctifiante.
Deux lignes après, on lit : « La grâce
du Christ agit aussi en tout homme qui, suivant sa conscience droite,
recherche et ». En raison du mot « aussi » on conclut que
« tout homme qui, suivant… » possède la grâce sanctifiante. Il
faudrait distinguer clairement la grâce sanctifiante de la grâce actuelle.
365.