L'urgence de la contre-révolution
Ayant la joie et l'honneur de présider à la fois France Jeunesse Civitas et Belgique et Chrétienté, j'ai suivi avec
attention la journée du 10 juin durant laquelle on votait tant en France qu'en
Belgique pour le renouvellement des assemblées parlementaires.
Dans les deux cas, les gagnants sont issus de la droite molle et le
courant catholique et patriote se voit privé de toute représentation.
Le moment est donc venu de tirer quelques conclusions utiles.
L'indispensable aspect surnaturel
Ce serait une erreur fondamentale de croire que nous pourrions gagner un
jour par le seul moyen des urnes.
Ce serait une erreur également d'exclure le combat pour la conquête des
urnes.
L'heure doit être à la reconstruction d'un tissu naturel indispensable à
la diffusion de notre doctrine.
Les maux qui ravagent notre civilisation ne seront pas résolus par une
droite molle.
En vérité, nous le savons, si l'on veut traiter le problème dans son
ensemble et non pas simplement en surface mais en profondeur, la seule réponse
qui convient est la mise en application de l'ordre social chrétien.
Comment envisager un tel objectif au vu de l'état de pourrissement de
notre société ?
D'abord en comprenant le principe des moyens naturels surnaturalisés,
c'est-à-dire l'impossibilité de rétablir l'ordre naturel sans le recours au
surnaturel.
De façon trop régulière, ceux qui jusqu'à présent ont envisagé le combat
pour la défense de notre civilisation l'ont fait de façon naturaliste,
souhaitant volontiers l'ordre admirable engendré par le catholicisme mais
négligeant de prier.
Hors, la gravité de la situation, la simple analyse froide et méthodique
des faits, notamment démographiques, devraient faire comprendre qu'il est
raisonnablement devenu plus que jamais impossible d'espérer le salut de nos
patries et de nos peuples sans un secours divin.
Le combat contre-révolutionnaire ne l'est authentiquement que lorsqu'il
se soumet humblement à ce besoin du surnaturel.
Une fois cet élément bien assimilé et accepté, il s'agit de comprendre
que la révolution est partout et que le combat contre-révolutionnaire doit donc
être porté dans tous les domaines. Le politique. L'économique. Le social.
L'éducation. La famille. L'éthique. Mais aussi le culturel.
J'insiste sur le culturel parce que c'est un élément essentiel pour la
reconquête des esprits et pourtant très négligé par nos milieux. Toutes les
représentations artistiques (musique, littérature, peinture, dessin, sculpture,
architecture, photographie, cinéma, théâtre,...) sont des vecteurs de
communication et portent un message sous-jacent, même involontaire. Le bien. Le
mal. Le relativisme. La beauté. La laideur. L'indifférentisme.
Il est de grande importance que le combat contre-révolutionnaire
investisse le domaine culturel.
Encore faut-il ne pas se tromper dans l'ordre des choses.
Lorsque je vois circuler parmi nos jeunes une vidéo de rap prétendu
identitaire et catholique, cela révèle une fois de plus l'état de confusion des
esprits. Il est illusoire de prétendre amener à la beauté en utilisant la
laideur. Ce faisant, il est bien naïf de croire qu'on ramènera de la
sorte des brebis égarées. Par contre, il est fort probable qu'on égarera
des brebis saines en perturbant leur discernement par rapport à une musique qui
nous est étrangère et qui est intrinsèquement mauvaise.
Le tissu naturel
Oui, il nous faut veiller à consolider ce qu'il nous reste de bonne
presse, de bonnes maisons d'édition, qui seront sans doute mises à rude épreuve
si, au lendemain de ces bouleversements électoraux, le découragement ne fait
pas rapidement place à une volonté de nous organiser de façon intelligente.
Oui, il nous faut veiller à croître l'importance de nos bonnes écoles si
essentielles à la formation des nouvelles générations et à leur préservation
des mensonges et des immoralités imposées dans l'école sous contrat.
Oui, il nous faut veiller à proposer à nos familles des activités
suffisamment nombreuses et diversifiées pour qu'elles ne doivent pas, pour se divertir,
aller ailleurs et être sujettes à de mauvaises influences.
Oui, il nous faut veiller à développer les mouvements de jeunesse et à
inculquer dès la plus tendre enfance les valeurs saines.
Oui, il nous faut veiller à multiplier les cellules de réflexion, les
cercles de formation, les sessions, les ateliers pratiques, les retraites
spirituelles et à entretenir l'âme et l'esprit.
Oui, il nous faut veiller à organiser des réseaux professionnels, à
faire preuve de solidarité bien ordonnée.
Oui, il nous faut veiller à prendre la bonne habitude, dans nos
consommations de biens ou nos besoins de métiers de services, de privilégier
les nôtres.
Oui, il nous faut veiller à structurer des réseaux d'entraide pour nos
familles dans le besoin, nos malades, nos personnes âgées.
Oui, il nous faut veiller à régulièrement témoigner publiquement de
notre Foi et de notre patriotisme.
Oui, il nous faut veiller à être suffisamment présents sur le terrain
pour imposer nos thèmes dans les débats et insuffler parmi la population une
meilleure compréhension de l'indispensable besoin de moralisation de la
société.
Oui, il nous faut veiller, dans cette nouvelle épreuve, à nous détacher
plus que jamais du matérialisme et des mondanités pour nous consacrer
généreusement à l'apostolat et au combat contre-révolutionnaire.
Oui, il nous faut veiller à étendre notre réseau d'influence, à peser
dans la vie professionnelle, économique, sociale, culturelle.
Lorsque ce tissu naturel sera suffisamment étendu et organisé, lorsque
suffisamment d'entre-nous auront pris part à ce combat contre-révolutionnaire
et que celui-ci aura été mené avec le souci de l'aspect surnaturel, alors les
urnes pourront être un moyen de plus d'avancer vers l'ordre social chrétien.
Oui, pour disposer de bonnes lois, il nous faut envoyer dans les
assemblées de bons représentants, soucieux du bien commun.
Mais pour que nous soyons en mesure de les y envoyer, il faut d'abord
travailler par la reconstruction du tissu naturel à la re christianisation
de la société.
Sans cela, la confusion générale ne ferait que gagner du terrain,
l'aculturation se répendre, l'amour de la patrie disparaître, le sentiment
d'identité se dissoudre.
Les participations aux élections ne seraient plus alors qu'une série de
reculades assurées de façon supplémentaire par le phénomène du vote ethnique et
la terrible réalité démographique.
Mais en politique le désespoir est une sottise.
Sonnons le tocsin. Lançons-nous dans ce défi.
La contre-révolution doit être.
Dieu le veut !
Alain Escada,
président de France Jeunesse Civitas
et de Belgique et Chrétienté
http://francejeunessecivitas.hautetfort.com/
http://belgiqueetchretiente.hautetfort.com/