Pour répondre à l'invitation du Pape nous reproduisons une réflexion sur la vérité et sa nécessité même quand il s'agit d'exercer sa liberté. Cette étude a été publiée dans le numéro 184 de l'AFS
S’APPUYER SUR LA VÉRITÉ
«Dans
un monde où, au fond, le scepticisme a contaminé jusqu’à de nombreux chrétiens,
on tient pour
scandaleuse la
conviction de I’Église qu’il y a une Vérité avec une majuscule, et que
cette Vérité peut être connue, exprimée et, dans une certaine mesure, définie
de façon précise »
(Cardinal
Ratzinger)[1]
Le bon sens et la philosophie chrétienne définissent la vérité comme la conformité entre la pensée et le réel.(Adaequatio rei et intellectus = (ad)équation de la chose et de l’intelligence)
Cette définition suppose l’existence distincte d’un sujet qui pense et de l’objet de sa pensée, c’est-à-dire l’existence d’une réalité extérieure et indépendante qui ne se limite d’ailleurs pas au monde matériel accessible aux sens.
S’il existe une réalité objective extérieure à l’homme, sa pensée doit en tenir compte au moment où il agit.
En tenir compte, cela veut dire la respecter.
L’agent doit s’appuyer sur la réalité et sur ses lois. Le fait de connaître les réalités de son champ d’action ainsi que les lois qui les régissent permet à la pensée de guider efficacement l’action et donc d’exercer sa liberté. Le but d’une action librement voulue est toujours, pour celui qui agit, un bien réel (ou considéré comme tel, à tort ou à raison). L’erreur quant à l’appréciation de la bonté du but recherché se traduit par le malheur de l’agent égaré. On dit que Guillaume II, Empereur d’Allemagne, fuyant la Révolution provoquée par la défaite de son empire en 1918 se serait exclamé : « Das habe ich nicht gewolte ! » [Cela je ne l’ai pas voulu !]Le pilote d’une voiture qui prend trop vite son virage se retrouve dans le fossé : Il a surestimé la possibilité d’adhérence de ses roues sur la route. L’accidenté peut dire à son tour : « Cela je ne l’ai pas voulu ! »
Ces deux exemples montrent que
les lois de la réalité imposent leur existence indépendamment de ce que
l’agent pense, imagine ou souhaite, indépendamment donc de la liberté de penser au sens où on veut nous faire croire que ce que
nous pensons ou disons est valable même sans référence au réel.
C’est parce qu’il connaît la valeur réelle de la résistance des rochers d’ancrage que l’ingénieur peut y appuyer le barrage de béton qui récupérera l’énergie de l’écoulement spontané des eaux. Quelle folie ce serait de vouloir faire, au nom de la liberté de pensée, un tel barrage en se limitant à la seule épaisseur du papier à lettre. L’ingénieur qui présenterait un tel projet au nom de sa « liberté de pensée » serait sûrement considéré comme fou. Encore que, dans ce cas, l’erreur est si grossière qu’elle se révèle dès son énoncé. Plus dangereuse serait l’erreur moins apparente due à une mauvaise évaluation de la résistance des rochers d’ancrage. Le barrage cèdera plus tard entraînant une catastrophe. On se souvient peut être de la rupture du barrage de Malpasset qui ravagea la ville de Fréjus le deux décembre 1959. Cf le site www.ville-frejus.fr/hermes/patrimoine/malpasset.htm :
Un
mois fut nécessaire pour établir un bilan; huit ans, pour définir les causes
de la catastrophe : Un torrent capricieux qui ne permet pas les vérifications
traditionnelles ; une roche en apparence de bonne qualité, mais qui cache en
profondeur sa médiocrité... Puis des trombes d’eau ; le tout premier
remplissage, phase critique dans la vie d’un barrage ; un phénomène rare et
dangereux de « SOUS-PRESSIONS », résultat de circulations parasites dans
les roches de la zone d’ancrage de l’ouvrage ; des fissures béantes qui se
forment et des millions de mètres cubes d’eau qui s’engouffrent... « LA
NATURE AVAIT PRÉPARÉ UN VÉRITABLE PIÈGE ».
Le docteur Xavier Dor écrit :
J’en
ai souvent parlé avec les étudiants, en disséquant les cadavres. Chez
l’homme, l’opposition du pouce par rapport aux autres doigts de la même
main, a beaucoup d’importance car elle permet de saisir les objets avec force
et précision. Pouvait-on ignorer le nerf destiné à cette fonction ?
Serions-nous "libres" de le faire ? Tous convenaient qu’ils seraient
d’autant plus libres comme étudiants –
médecins ou chirurgiens - qu’ils connaîtraient mieux l’anatomie et
la physiologie de la main.[2]
Ainsi,
leur liberté passait nécessairement par la connaissance de la réalité et par
l’adhésion de leur intelligence à celle-ci. De même c’est parce que
l’on connaît le fonctionnement des ß-bloquants que l’on peut les utiliser
dans le traitement de l’hypertension. On pourrait multiplier les exemples tirés
de la médecine.
Les
parents ont le plus souvent, le souci profond de bien élever (= faire monter,
faire croître ) leurs enfants. Ils aimeraient bien savoir quelles sont les
vraies règles qui doivent guider leur action. S’ils les respectent,
consciemment ou non, ils en sont récompensés par la fierté que leur donnent
les hommes et les femmes accomplis qu’ils ont préparés pour la vie.
Mais
le résultat est inversé lorsque l’éducation a été menée en méconnaissant
la "vérité" de ce domaine. Car l’éducation est un art pour lequel
existent aussi des règles. En disant cela nous ne proposons pas un processus
d’éducation rigide et identique pour tous. Est-ce même concevable ? Les
parents constatent en effet, dès le deuxième enfant, que chacun des deux a une
personnalité propre et demande un suivi adapté. Nous savons que les œuvres
d’art ne sont pas identiques même quand elles respectent les mêmes règles.
Le Parthénon d’Athènes et Notre Dame de Paris sont tous deux bâtis en
tenant compte du Nombre d’Or. Ce sont pourtant deux chefs d’œuvre très
différents.
Quand l’éducation donnée se révèle un échec, souvent les parents
ne se remettent pas en cause pour autant. Comment d’ailleurs pourraient-ils le
faire ? Ils ont suivi à la lettre les conseils fallacieux des revues
s’appuyant sur une « science pédagogique » bâtie sur le refus de
la Révélation. Cette fausse pédagogie ignore le péché originel et la
tendance au mal qui en découle, la nécessité de la grâce, l’importance du
sacrifice etc.). Rares sont donc les
parents qui disent alors : « Nous avons raté l’éducation de notre
enfant ». Ils préfèrent penser que la mauvaise tournure prise par la vie
de leur progéniture provient de l’influence perverse de lectures, de la télévision,
de l’école, de mauvaises relations… Bref, ce sera la faute du monde entier,
mais sûrement pas la leur.
Il est intéressant sous ce rapport de relever la remarque faite par un
ancien : « Je l’ai constaté : quand les parents n’étaient pas libéraux
les enfants ont gardé ou retrouvé la foi. Au contraire des parents catholiques
pratiquants mais libéraux n’ont pas pu transmettre la foi à leurs enfants. »
Le souci de la vérité est nécessaire pour une bonne éducation des enfants.
Dans
son livre « Leçons à l’Impératrice » Fustel de Coulanges explique
que le mariage monogamique stable, où la femme est respectée et tient un rôle
semblable et complémentaire à celui de l’homme, est une cause de supériorité
des peuples qui le reconnaissent et le pratiquent. Ce qui veut dire que
l’actuelle fragilité du mariage, favorisée et comme encouragée par les lois
actuelles de nos politiciens est une cause de faiblesse pour la France. Nous
pensons fortement que c’est d’ailleurs pour cela que la maffia actuellement
au pouvoir les a instituées. Mais la sanction d’une politique perverse se
subit plusieurs décennies plus tard.
La suppression du droit d’aînesse dans le Code Civil de 1804 (Napoléon)
a entraîné la chute démographique des campagnes du Sud Ouest : les
propriétaires pour ne pas démembrer l’héritage se sont limités au fils ou
à la fille unique.
Après le Traité de Versailles de 1919, plusieurs personnalités de la
politique, du journalisme ou de l’armée (Foch par exemple) ont vu que ce
Traité de "Paix" mettait en place les conditions d’une guerre
future. Un dessin a même été publié à l’époque. Il représentait les Présidents
Wilson et Clemenceau sortant de la salle du Traité. Wilson disait :
« j’entends pleurer un enfant ». Derrière le rideau qui encadrait
la porte de sortie de la salle un enfant appuyé sur le mur était représenté
en train de pleurer. Au dessus de lui un panneau expliquait : « Classe
40 ». Les hommes qui ont élaboré et fait signer le traité sont des
fauteurs de la guerre de 1940, donc des criminels.
Abordant la politique on se rapproche du problème plus délicat
de la vérité en Histoire.
La vérité existe aussi en histoire.
Ce qui est écrit à ce titre doit refléter la réalité des événements du passé. Certes on ne peut tout dire, encore faut-il ne donner que des faits qui se sont réellement passés. Et de plus il faut donner des faits signifiants. Or la combinaison des faits, leur éclairage différent, peuvent en faire des signes nouveaux. La valeur des faits change selon la conception que l’on se fait de l’homme (sa nature, son destin, etc.)[3] Ce qui fait dire à Claude Lévi-Strauss que l’histoire se construit comme un mythe[4]. A l’objection que :
l’histoire repose sur des faits
historiques dont beaucoup sont vérifiables.
Lévi-Strauss répondait :
Certes je ne nie pas que la prise de la Bastille ait eu lieu le 14
juillet 1789. Toutefois, l’Histoire ne consiste pas seulement à aligner des
dates, mais à expliquer des événements.
Et comment l’historien va-t-il expliquer la Révolution française ?
Va-t-il essayer de connaître ce que furent les états de conscience de chacun
des 25 millions d’individus qui composaient la société française en 1789 ?
Mais non, c’est impossible. Donc il va
faire un tri, il va éliminer certaines choses, en retenir d’autres pour
construire une histoire qui sera différente de celle de son confrère,
car chacun prélève différemment, interprète différemment ce qu’il a prélevé,
et construit différemment son ouvrage. En agissant ainsi l’historien
construit sur le mode du mythe, et il est obligé de le faire sans cela
il ne pourrait rien relater et surtout rien expliquer…
On peut évidemment les sélectionner en fonction d’une thèse à établir.
Ou bien l’auteur veut prouver une thèse selon un a priori idéologique. Dans ce cas il ne relèvera que les faits qui lui paraissent appuyer sa démonstration rejetant systématiquement tout ce qui l’improuverait. Il s’agit alors d’un mensonge par omission. Nos contemporains diront plutôt qu’il s’agit d’une d’histoire partiale voire d’une propagande. Ce sera de l’endoctrinement si cela se produit dans les livres scolaires. La possibilité qu’a l’auteur de mauvaise foi – qui alors ne doit plus s’appeler historien mais affabulateur - de faire de l’endoctrinement peut s’appeler liberté pour certains mais les vrais juristes parleraient plus justement d’abus de droit, ou de publicité mensongère si l’homme s’annonce comme historien. Il fait alors de la liberté un voile qui couvre sa méchanceté (cf. : 1 Pierre 2- 16)
Ou bien une thèse peut venir à l’esprit de l’historien qui a
accumulé les documents et dont l’esprit s’illumine à l’intelligence des
situations étudiées. Alors les faits se regroupent naturellement et il établit
sa thèse. Des historiens qui travaillent de cette manière peuvent malgré tout
écrire des histoires différentes sur le même sujet. Mais la valeur de chacune
de ces histoires se mesure à la capacité - donnée à ceux qui l’étudient -
d’en tirer des enseignements pour la politique, la diplomatie, la guerre. Et
nous ne sommes pas choqués si deux études historiques, menées selon cette méthode,
apportent des leçons complémentaires
pour l’étude d’une période donnée. Le réel est inépuisable. Si au
contraire les leçons, tirées de l’histoire, sont contradictoires, il
conviendrait de reprendre les travaux à la base des deux thèses en vue lever
l’incertitude.
Car l’histoire sérieusement établie apporte des leçons très formatrices comme en témoignait le Maréchal de Belle-Isle dans la lettre à son fils le comte de Gisors.[5]
« Je
ne vous parlerai point ici de l'étude de la guerre ; je vous en ai prouvé la nécessité
et les avantages dans un mémoire qui a précédé celui-ci et je vous ai indiqué
le plan que vous deviez suivre pour apprendre cette science. Je me bornerai à
vous redire que l'histoire
est la source dans laquelle vous devez puiser sans cesse, ne lisez pas
l'histoire pour apprendre l'histoire mais pour apprendre la guerre, la morale et
la politique[6].
L'histoire a été dès mon enfance l'objet de mon étude et c'est à elle que
je dois tout ce que je sais. Ne négligez point les sciences mathématiques je
suis fâché de ne les avoir point cultivées, je les ai apprises de bonne
heure, je les aimais j’y avais fait des progrès, j'ai dû beaucoup au peu que
j'en sais. »
Les Leçons à l’Impératrice de Fustel de Coulanges sont un exemple de tout ce que peut enseigner l’Histoire véridique intelligemment écrite. Aussi ceux qui cachent l’histoire de notre pays aux jeunes enfants des écoles doivent être considérés comme des ennemis dangereux.
Liberté
et nécessité, liberté et vérité, on ne peut dissocier ces termes deux à
deux. On peut se demander pourquoi certains n’acceptent pas une telle
évidence ; certains même sont "scandalisés" par
l’affirmation que l’on connaît des vérités. Quatre raisons peuvent
expliquer ce phénomène : la force de la propagande des médias actuels,
l’esprit de rébellion, la complexité du réel associée au besoin
intellectuel de simplifier, l’attachement à ses propres idées malgré la réalité
constatée. Il y en a peut être d’autres.
Les
prouesses technologiques des hommes de métier sont présentées de manière
emphatique et enivrante aux hommes d’aujourd’hui. Cela les conduit à penser
que l’homme est devenu une sorte de dieu capable de dominer la nature sans
jamais la respecter. Une telle attitude a conduit les communistes russes, par
exemple, à des désastres humains et écologiques sans précédent.
L’esprit
humain se rebelle contre les limites que semble lui apporter l’ordre des
choses. Pourtant, ce sont les conditions imposées par la logique de la réalité
qui ont permis à l’intelligence humaine de progresser dans la connaissance et
donc de dominer le monde. En voulant s’affranchir de toute contrainte, on scie
la branche sur laquelle on est assis.
En science appliquée, la sanction d’une telle erreur, est l’échec.
Et en politique, s’il n’y a plus de vérité, chacun pense ce qu’il
veut et le plus fort impose sa loi. Ce type de libéralisme conduit nécessairement
au Goulag.
En religion Leonardo Boff, le théologien de la libération qui a fait parler de lui, sans mettre en doute l’autorité de l'Église, prétendait lui reprocher «la manière dont cette autorité est organisée historiquement afin de réprimer toute liberté de pensée au sein de l’Église ». En fait, le problème est de savoir si ce qui limite la liberté de pensée c’est l’autorité et la manière historique selon laquelle elle est organisée, ou si c’est tout simplement le constat qu’il n’est pas donné à l’homme de faire que la Révélation soit autre que ce qu’elle a réellement été. On peut certes refuser que le message de l’Eglise soit La Révélation, on n’est alors plus catholique. Le magistère de l’Eglise veille à ce qu’on ne change pas la teneur du message reçu de Dieu.
L’esprit de rébellion contre la vérité ou contre la reconnaissance de la création est une des formes actuelles du Non Serviam : c'est-à-dire du refus satanique d’obéir à la volonté du Dieu Créateur.
Une autre raison du refus de la réalité objective vient de ce qu’il n’est pas donné au savant et a fortiori à l’homme de la rue, de connaître totalement les lois de la réalité naturelle. Elles dépassent de loin son entendement, même s’il peut en saisir une partie, le plus souvent enseignée, et il doit accepter d’ignorer le reste comme une infirmité de sa nature. Devant cette limitation, certains esprits prétendent réduire la réalité à ce qu’en conçoit leur propre pensée. Au cours de ses travaux en chimie un chercheur du CNRS trouva que ses résultats expérimentaux pouvaient être traduits graphiquement par deux segments de droite (avec une zone de raccordement). Un de ses collègues déclara que cela n’était pas possible « parce qu’on ne pouvait pas mettre un tel phénomène en équation ». Le chercheur rétorqua que ce n’était pas un argument et qu’il était toujours possible de rendre compte de n’importe quelle courbe expérimentale en choisissant convenablement les paramètres. Et parce que son interlocuteur persistait dans son point de vue, il conçut des équations qui rendaient compte du phénomène. L’interlocuteur en a été alors convaincu. Mais le chercheur n’avait pas l’impression que cette mise en équations ajoutait beaucoup aux résultats expérimentaux.
Dans cette voie, des « philosophes » en sont arrivés à nier la possibilité pour le langage d’exprimer l’être des choses et même à nier l’existence de ce qu’ils ne peuvent concevoir.
L’attachement à ses propres idées
malgré la réalité constatée.
Cette tentation n’est pas tellement nouvelle et a toujours plus ou moins existé. On peut la constater dans les questions idéologiques et même dans des domaines scientifiques. Cela se produit en particulier quand les questions débattues sont perçues comme ayant un retentissement sur la personne du chercheur.
Un changement sur ce point est intervenu depuis quelques années : ces doctrines s’expriment souvent de façon radicale, sans camouflage ni échappatoire. Hans Kung, par exemple, intitule un manifeste «le moment est venu d’écrire ce que je pense»[7]. Les articles publiés dans ce numéro du Devoir de Montréal, fournissent un choix de citations qui illustrent ce phénomène. Que disent ces citations ?
On peut trouver comique que des gens qui déclarent qu’il n’existe pas de certitudes, nous présentent leur point de vue comme… une certitude. Le concept de vérité est fondamental dans la doctrine catholique traditionnelle (Je suis la Voie, la Vérité, la Vie) mais il est renié par les "libéraux", parmi lesquels les tenants du "catholicisme libéral".
*
Pourquoi revenir sur des questions bien connues, pourquoi citer ces textes dont la plupart s’opposent au bon sens le plus élémentaire ?
· Parce qu’à la longue nous finissons, malgré nous, par être influencés par les formes de libéralisme et de relativisme qui imprègnent notre société ;
· parce que les idées fausses sont faciles à contrer quand elles se présentent à visage découvert (comme c’est souvent le cas aujourd’hui.)
L’action
sur la matière, basée sur la connaissance des lois de la matière, celle du médecin
ou du chirurgien, basée sur la connaissance de l’anatomie ou de la
physiologie, sont efficaces ou non selon que l’acteur à tenu compte ou non de
l’ensemble des lois concernées par son action. Et la sanction est
relativement rapide : le barrage tient ou non après la mise en eau, l’opération
chirurgicale amène l’amélioration recherchée, la maladie ou le désordre
physiologique sont atténués ou guéris. Le constat se fait en quelques jours
ou en quelques mois. Dans l’éducation des enfants la sanction est différée
de plusieurs années, plus d’une dizaine. L’enfant très mal élevé devient
un délinquant vers seize ans, ou se suicide à vingt ans ou encore mène le
reste de ses jours une vie malheureuse. En politique la sanction est différée
de plusieurs décennies : après le Traité de Versailles de 1919, des
personnalités ont prédit la guerre de 39-45. Mais, qui en a tenu compte ?
Qui s’en est souvenu 20 ans plus tard ?
Seul le service de la vérité – dans tous ses aspects – peut nous donner une efficacité réelle, que ce soit à court ou à long terme. Seule la pleine connaissance de la vérité peut nous permettre d’exercer notre liberté pour atteindre les biens que nous avons volontairement choisis. De plus l’expérience montre que ceux qui cherchent la vérité de tout leur être trouvent effectivement le Christ et Son Eglise. On a bien souvent le pressentiment que si on accepte l’existence de la vérité et qu’on se doive de la chercher, on trouvera le Christ et donc son Eglise. Et c’est justement pour cela que certains la refusent. Prions que Dieu les libère de cette inhibition.
André Frament
[1]) Entretien sur la foi, p. 23.
[2] Docteur DOR AFS n° 124
[3] L. Salleron, in Actes du Congrès de Lausanne page 46 sur l’Information (avril 1965)
[4] Interview de Claude Lévi-Sauss dans Réalités de janvier 1965 cité par L. Salleron, in Actes du Congrès de Lausanne page 46 et 47 sur l’Information (avril 1965)
[5] Cf. : AFS n° 80
[6] souligné par nous
[7]) Manifeste paru dans le Devoir de Montréal 7 octobre 1985 et reproduit dans L’Homme nouveau du 3 nov. 1985. On est en droit de déduire que cet homme cachait auparavant ses pensées et donc qu’il n’était pas sincère dans ses écrits. De plus il veut maintenant écrire ce qu’il pense. Il aurait été plutôt intéressant qu’il nous dise ce qui est ou, au moins, ce qu’il voit.
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