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Le
15 novembre 2005 une exposition se rangeant clairement du côté de la
protection de l'embryon a été ouverte au Parlement européen à Strasbourg.
L'exposition se composait de quelques photos, dont plusieurs avec des citations
de Jean Paul II qui soulignaient la nécessité de protéger la vie en toutes
ses formes et avant tout à protéger les êtres humains à naître.
L'exposition s'est servie de la nouvelle technologie pour montrer à quel point
un embryon de quelques mois a déjà la forme d’un être humain.
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Une des photos citait mère Teresa qui disait que « le plus grand destructeur de la paix dans le monde d'aujourd'hui c'est l'avortement (...). Si nous acceptons que la mère ait le droit de tuer même son propre enfant, comment pourrons-nous dire aux autres de ne pas se tuer les uns les autres ? »
Cette citation a été illustrée par une photo avec des enfants languissant derrière des fils barbelés.
Avant l’ouverture des votes de mardi, une députée avait demandé la parole. Elle se disait scandalisée par l'exposition laquelle, selon elle, présente l'avortement d'une manière qui blesse les femmes dans leur dignité. Avec ce motif elle demanda la fermeture immédiate de l'exposition. Bien qu'au moment de l'intervention de la députée l'ordre du jour ne permettait pas d'initier un débat, le président ne lui retira pas la parole. Il promit ensuite l'investigation de l'affaire.
Après
les votes, je me rendis sur les lieux de l'exposition. J'y trouvai une foule
relativement grande qui se concentrait principalement autour de la photo avec la
citation de mère Teresa évoquée ci-dessus. La députée s’ y trouvait
devant la photo et criait en disant: « Cette image me blesse, moi aussi
j'ai eu un avortement, je ne le regrette pas, mais je ne suis pas pour autant
une nazie! »
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Certains disaient ne pas être de son opinion, mais on en trouvait quelques uns qui la partageaient, cependant même ces personnes protestaient contre le comportement de la députée qui, de manière arbitraire, voulait détacher et emporter l’affiche. Tout argument pour la libre circulation des idées étaient en vain : la députée, hystérique, faisait tout pour arracher la photo de sa place d’exposition. Elle hurlait en disant : « Je ne la détruis pas, je veux juste l’enlever. »
L’après-midi, l’exposition y était encore,
mais cette image, que je n’ai pas pu photographier en entier à cause de la
foule, n’y était plus.
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Le soir même, toute l’exposition
avait disparue. Les responsables compétents au Parlement ont donné la
justification que l’exposition avait provoqué des contradictions.
Nous sommes nombreux à penser que le rôle du Parlement consiste justement à laisser les idées contradictoires se confronter, à prêter écoute à tous et à démentir les uns les autres avec nos arguments. Il est cependant pas admis de faire taire qui que ce soit.
Pourtant c’est bien cela qui y est arrivé. Apparemment le Parlement européen ne tolère pas la libre expression des opinions divergentes. Bien que la décision n’ait finalement pas été prise en plénière par les députés mêmes – malgré une proposition pour cela.
Ce qui s’est passé est révoltant et inacceptable.
Laszlo Surjan, député au Parlement européen
Strasbourg, le 16 novembre 2005