Assemblée
nationale :
auditions
bidons sur le clonage
L'Office
parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques a
organisé hier des auditions pour rédiger un rapport relatif aux recherches sur
les cellules souches. Le but était double : faire un bilan après un an de mise
en oeuvre, alors que certains décrets ne sont toujours pas parus, et faire évoluer
la loi.
La Fondation Jérôme
Lejeune a dénoncé lundi* cette mise en scène.
Jean-Marie
Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, s'indigne de la
manipulation de l'opinion publique : "D’abord, il est mensonger de présenter
des auditions sur les cellules souches alors qu’il ne s’agit, en réalité,
que d’auditions sur le clonage. Ensuite, il est scandaleux d’organiser des
auditions où toutes les personnes entendues sur le clonage sont connues pour y
être favorables". Et de s'interroger sur la valeur d'une loi en France
: "La loi de bioéthique de 2004 a condamné le clonage. La volonté du
peuple s’est exprimée avec 5 années de retard qui ont permis une réflexion
approfondie. Or cette volonté exprimée démocratiquement est déjà remise en
cause par un lobby qui se permet de redéfinir la position de la France sur le
sujet à peine un an après le vote de la loi, tous les décrets d’application
n’ayant même pas encore été pris. C’est dire le poids de la loi dans
notre pays !".
A
la suite de ces auditions, il s'est avéré effectivement qu'il n'y avait eu
aucun débat et que tous les participants étaient favorables au clonage.
Ces
auditions avaient pour but :
- Obtenir les décrets d'application d'autorisation de
recherche sur les embryons humains de toute urgence.
- Faire disparaître de la loi de bioéthique 2004 les
quelques restrictions prévues : ne plus limiter à 5 ans les essais sur
les cellules embryonnaires, ne plus limiter les recherches aux seuls essais thérapeutiques,
et ne plus subordonner l'accord pour ces essais à l'absence d'alternatives éthiques.
- Obtenir au plus vite l'autorisation de faire de la
recherche sur les embryons rejetés à la suite d'un DPI.
- Obtenir l'autorisation de clonage dans la loi française.
Marianne
Gomez, dans le quotidien La Croix, souligne qu'il reste trois objections éthiques
à cette pratique :
- Pour
obtenir des cellules souches il faut passer par la création et la destruction
d'un embryon. Marianne Gomez rappelle la position de Jean-Claude Ameisen, président
du comité d'éthique de l'Inserm qui souhaite, lui, aligner la définition du début
de la vie sur la définition de la mort : le fonctionnement cérébral. S'il n'y
a pas de cerveau, il n'y a pas d'embryon, selon lui, mais seulement "un
système cellulaire". Ce qui permet donc toutes les recherches sur
l'embryon tant que le cerveau n'est pas actif
- Le
clonage à visée thérapeutique n'est qu'un clonage reproductif interrompu.
Comment empêcher de passer de l'un à l'autre ?
- La création d'embryons clonés suppose l'utilisation d'ovocytes et
pose le problème de leur obtention. Le scandale provoqué en Corée dans l'équipe
du Pr.Hwang Woo-suk a relancé la polémique (Cf. notre revue de presse sur du 16
novembre et du 21
novembre 2005 ).
- Pour
obtenir des cellules souches il faut passer par la création et la destruction
d'un embryon. Marianne Gomez rappelle la position de Jean-Claude Ameisen, président
du comité d'éthique de l'Inserm qui souhaite, lui, aligner la définition du début
de la vie sur la définition de la mort : le fonctionnement cérébral. S'il n'y
a pas de cerveau, il n'y a pas d'embryon, selon lui, mais seulement "un
système cellulaire". Ce qui permet donc toutes les recherches sur
l'embryon tant que le cerveau n'est pas actif
- Le
clonage à visée thérapeutique n'est qu'un clonage reproductif interrompu.
Comment empêcher de passer de l'un à l'autre ?
- La création d'embryons clonés suppose l'utilisation d'ovocytes et
pose le problème de leur obtention. Le scandale provoqué en Corée dans l'équipe
du Pr.Hwang Woo-suk a relancé la polémique (Cf. notre revue de presse sur du 16
novembre et du 21
novembre 2005 ).
La
Fondation Jérôme Lejeune dénonce dans ces auditions l'alliance du scientisme
et du business et l'absence totale de réflexion humaniste sur un sujet aussi
grave. Tous les intervenants étaient des scientifiques favorables au clonage et
des représentants de société de biotechnologie...
Dès la première intervention de Ketty Schwartz, le ton
était donné : il faut autoriser le clonage. Affirmation reprise en chœur par
les intervenants suivants. Puis, on décide officiellement de changer les mots :
il ne faut plus parler de clonage mais de "transposition nucléaire".
Par ailleurs, contrairement à ce que ces mêmes
chercheurs n'ont pas cessé d'affirmer depuis des années pour obtenir
l'autorisation de recherche sur l'embryon pour guérir les patients de tous
leurs maux, on doit reconnaître que le clonage n'est pas thérapeutique. Ces
chercheurs reconnaissent aujourd'hui qu'on ne trouvera pas de thérapie grâce
au clonage. Mais ils veulent quand même faire du clonage pour faire
avancer leur propre connaissance et permettre aux laboratoires de tester des
milliers de molécules.
Par ailleurs, Marc Peschanski a expliqué longuement que
le clonage est indispensable pour les industries cosmétiques qui doivent tester
leurs crèmes...
Enfin, le dernier argument avancé en faveur du
clonage est de pouvoir cloner des embryons malades pour mieux les étudier.
"C'est la première fois dans l'histoire de la médecine française que des
médecins vont créer volontairement des hommes, malades sur commande et sur
mesure" s'indigne la Fondation Jérôme Lejeune.
La Fondation Jérôme Lejeune met en garde les décideurs
sur les risques encourus à s’inspirer de conclusions non pertinentes puisque
rédigées hors de toute réflexion proprement éthique. Elle s’inquiète de
l’impunité de chercheurs qui rejettent tout lien entre l'éthique et la
science et qui revendiquent un pouvoir qui ne leur appartient pas : celui
de dénaturer l’art médical.
*Lire le communiqué de presse de la Fondation Lejeune sur le clonage (format pdf 53 Ko)
retour à la page d'accueil