Editorial du 187

EDITORIAL

Notre secours est dans le nom du Seigneur

        Nous vivons une période profondément troublée. Le fait d’en être conscient semble donner un ton pessimiste à nos propos, alors que les vicissitudes de l’Église durent depuis 2000 ans quasiment sans interruption [1] et que nous gardons une ferme confiance, car notre secours est dans le nom du Seigneur. Nous pensons au message de saint Paul : 

           Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des fables et à des doctrines perverses [2].

        Des théologiens se disant catholiques et même des épiscopats entiers sont en opposition frontale avec l’enseignement du Magistère. Le Conseil pontifical pour la famille a, par exemple, publié en 1998 un document Morale conjugale et sacrement de pénitence [3], dans lequel on peut lire ce que fut (et ce qui est en-core, hélas) le refus de l’enseignement de Humanae vitae :

           Une contribution particulièrement efficace est venue de théologiens, même réputés, pour susciter et favoriser chez les fidèles une attitude de désaccord… vis-à-vis du Magistère ; et des groupes de théologiens ont été jusqu’à manifester publi-quement leurs critiques contre Humanae vitae, critiques auxquelles ont fait largement écho les moyens de communica-tion de masse.

           Et on ne peut nier qu’à tout cela, hélas, est venue s’ajouter la manière pas du tout heureuse dont les Conférences épisco-pales ont présenté l’encyclique de Paul VI.

           La préoccupation pastorale, tout à fait juste et légitime, d’aider les fidèles à accueillir la doctrine de l’Eglise, a conduit quelquefois à des affirmations difficilement en accord avec les enseignements pontificaux.

        Les évêques de France, en 1969, ont participé à cette incita-tion au refus de l’enseignement du Magistère. Leur Conférence épiscopale n’a toujours pas fait repentance pour cela. Par ailleurs, nous apprenons que la Fraternité Saint Pie X vient de lancer une campagne pour faire dire un million de chapelets pour que le Pape autorise à nouveau la messe Saint Pie V à tous les prêtres. Le rapprochement de ces deux faits montre l’importance de la crise actuelle.

Il faut que l’ivraie croisse avec le bon grain

        A côté des nombreux signaux de « renaissance » dans les milieux catholiques, on enregistre de nombreuses attaques et persécutions contre l’Eglise, qui a toujours ses martyrs dans les pays laïcistes, musulmans, païens ou communistes.

        Les catholiques français ne voient généralement pas se mettre en place l’appareil des lois qui relanceront la persécution contre toute expression publique de leur foi et qui prétendront mê-me les obliger à professer des principes contraires. Pour l’instant nous vivons dans une apparence de paix. Nous devons donc prêcher et travailler tant que le Seigneur nous le permet. Car « Il faut que l’ivraie croisse avec le bon grain jusqu’à la moisson ».

        Notre premier travail, notre priorité c’est de diffuser le message : « Allez, enseignez les nations et baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », que nous a commandé Notre Seigneur. Et le simple bon sens nous dit que la liberté de parole est une liberté qui se perd quand on ne s’en sert pas. Nous ne pourrions pas être surpris qu’elle nous soit ôtée si nous ne l’utilisons pas.

        Les signaux de renaissance que nous observerons par notre position et nos contacts ne doivent pas nous cacher que les temps risquent de devenir rudes, comme nous en a averti Notre Seigneur :

           Je suis le vrai cep et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit [4]

        Ce qui signifie que ce printemps auquel nous assistons, nous fera peut-être assister à un « émondage » [5] permis par Notre Seigneur pour que nous portions encore plus de fruits. 

        Dans cette situation, l’AFS garde sa double mission, d’une part de montrer les menaces pour apprendre à s’en préserver, d’autre part d’aider ses lecteurs à prendre position de manière argumentée sur les sujets controversés et de favoriser les initiatives de reconstruction d’un tissu social chrétien. Notre voix est apparemment faible, c’est vrai. Pourtant, nous sommes toujours surpris de voir le nombre de personnes qui, intéressées par nos travaux, savent en tirer parti.

        Étant données les circonstances, nous n’avons certes pas que des amis. Des oppositions se manifestent de la part de certains que nous aurions aimé considérer comme des proches. Notre quête de la vérité ne cesse pas pour autant. Le désaccord sur le jugement à porter sur tel auteur, telle situation, telle séquence de notre histoire nous incite à approfondir nos recherches pour répondre comme il convient : la vérité nous rend libres.

        Pour participer à cette action, vous qui nous lisez et nous appréciez, priez que Dieu nous aide, qu’Il nous inspire des actions opportunes et qu’Il nous donne de savoir toucher les cœurs en même temps que les intelligences pour que nous soyons toujours plus nombreux au service du Christ Roi.

        Vos prières et votre générosité sont les plus grandes forces et les meilleures raisons d’espérer dans le travail de l’AFS,

A.     Frament


[1] Cf. Pagaille dans l’Eglise ou mystère de la Croix  ?, de Jean Ousset.

[2] I Timothée 4,1

[3]. Edité en France, par Téqui, en 2001.

[4] Jean 15, 1-2

[5] C’est-à-dire les épreuves et les persécutions.

retour à l'accueil